Une journée avec le Réseau de l’AMU

AMU… comme Assistance à Maîtrise d’Usage 

Le 3 mai 2016 s’est tenue à Lyon la première journée IRL (in real life) d’un groupe issu d’une réflexion sur l’Assistance à Maîtrise d’Usage, à laquelle D’Dline 2020 a participé ;-)

Autour d’une animation pilotée par 2 des membres du groupe, l’objectif de l’atelier était double :

  • se rencontrer pour mieux comprendre le rôle et les compétences de chaque membre
  • clarifier la raison d’être du groupe et bâtir un plan d’action.

Au terme de cette première session tout aussi active que conviviale, le Réseau AMU a planché sur une définition commune, qui pourrait se traduire  ainsi : « le réseau AMU regroupe des professionnels autour d’une dynamique pluridisciplinaire de partages d’expériences et d’innovations méthodologiques, centrée sur les usages dans le bâtiment ».

Temps forts et axes de réflexion : vous souhaitez en savoir plus sur ce réseau ? Une newsletter participative, Les Echos de l’AMU vient tout juste de voir le jour !

Eolien : au-delà des chiffres, un enjeu sociétal

Inauguration du 3ème parc Eolien de France : quelques données

« 110 millions d’euros investis, 30 turbines d’une puissance totale de 75 MW, 183.000 MW/h produits par an* »…

Ces chiffres font du parc éolien Seine Rive-Gauche Nord inauguré le 11 septembre 2015 à Châtres en Champagne-Ardenne, le 3ème de France.

Développé conjointement par Nordex France et H2Air, sa particularité technique consiste à raccorder l’énergie produite en un seul point via un poste privé décentralisé, pour limiter la déperdition avant l’injection de l’électricité sur le réseau de transport. Le Syndicat des Energies Renouvelables souligne d’ailleurs dans un récent communiqué que « les postes de raccordement existants sont aujourd’hui de moins en moins nombreux à pouvoir relier l’énergie produite au réseau électrique français par manque de capacité.

Coté environnement, les éoliennes de Seine-Rive-Gauche-Nord permettent l’économie annuelle de 73 000 tonnes d’émission de CO2 par rapport à une centrale électrique au gaz. Pourtant figées dans 700m3 de béton armé, ces fleurs géantes aux tiges d’acier et de cuivre et aux pétales de fibre de verre et de carbone, sont également recyclables à plus de 90%. D’une durée de vie supérieure à 20 ans leur démantèlement serait pourtant provisionné dès le début du projet, ce qui devrait satisfaire les adeptes de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV)…

✓ Un projet d’indépendance énergétique qui s’inscrit dans le territoire…

✓ Portée économique et sociétale de l’éolien…

✓ De l’importance du processus de concertation…

✓ De la conciliation par l’innovation sociale…


Retrouvez l’intégralité de l’article sur le blog Pollutec « Capteur d’Avenir »

 

            

Chic ! On ressource

Pourquoi jeter des objets encore utilisables pour en acheter de nouveaux?

Don, revente, réparation, achat d’occasion, troc… Les alternatives ne manquent pas pour faire du réemploi: 98% des Français l’ont d’ailleurs déjà pratiqué.

Telle est la devise de «  Chic, On ressource  » un lieu original et convivial de ressourcerie à quelques stations de métro de Paris. Au coeur de Villejuif en Val de Marne (94) cet organisme issu de l’économie sociale et solidaire fait tourner la roue de l’économie circulaire en proposant de :

  • récupérer, rénover, donner une seconde vie aux objets
  • participer à des animations et des formations autour du recyclage
  • créer des projets artistiques.
  • offrir un lieu d’échange et de convivialité.

D’où est venue l’idée et qui porte le projet ?

Chic ! On ressource a été fondé par Stéphanie Lacombe et Michel Thomas après avoir fait d’énormes recherches sur le sujet et rencontré des personnes investies dans ce milieu.

Avec une profonde envie de « créer une activité autour de l’art et du recyclage et qui serve aux habitants » lancer cette ressourcerie « était une évidence » pour la jeune femme qui a travaillé tour à tour dans le commerce, l’immobilier ou l’art avant de se retrouver au chômage.

Après l’obtention de plusieurs subventions et le prêt d’un local par la mairie de Villejuif, la ressourcerie ouvre ses portes à l’automne 2013.

Aujourd’hui, le projet s’articule autour de la collecte d’objets et de meubles puis de leur revente à moindre coût dans leur boutique solidaire.

Au-delà de l’aspect développement durable l’association s’inscrit de plein pied dans l’économie collaborative, circulaire, sociale et solidaire puisqu’elle abrite son premier salarié en contrat aidé depuis 2014. (Source Joinville info).

Que récupère l’association et quels services  propose-t-elle ?

De la vaisselle aux bibelots en passant par les livres, les meubles et le petit électroménager en état de marche, on trouve de tout chez Chic ! On ressource et à un prix convenant parfaitement aux adeptes de l’économie collaborative, sociale et solidaire.

Mais l’association ne  souhaite pas se contenter de donner une deuxième vie aux différents objets du quotidien, elle souhaite aussi sensibiliser les citoyens à travers des ateliers pratiques. C’est ainsi qu’en mars dernier une séance de création  ludique autour du hérisson a permis de transformer de vieux livres en de véritables animaux de papier !

Comment et quand s’y rendre ?

  1. Chic ! On ressource est ouvert :
      1. les mardi-mercredi-jeudi de 15h à 19h,
      2. les samedis de 10h à 18h,
      3. les dimanches de 14h  à 19h,
      4. et les premiers ou deuxièmes week-ends du mois.
  2. L’association se situe au 123 av du Colonel Fabien à Villejuif (94400) Métro : Villejuif-Louis Aragon.
  3. Retrouvez aussi ses dernières actualités sur le web à cette adresse : http://chic-on-ressource.e-monsite.com et sur Facebook.
  4. Spécialisée dans la rénovation de meubles vous pouvez aussi suivre Stéphanie sur L’atelier des jolies choses.

Mon coup de coeur, mon coup de pouce

A deux pas de chez moi, j’ai appris la création de Chic ! On ressource avec un réel engouement ; après une première rencontre pour donner vêtements et objets de seconde main en bon état, j’ai souhaité proposer mes services comme bénévole.

Stéphanie et Michel m’ont accueilli chaleureusement autour d’un café pour discuter du meilleur moyen de les aider. En assurant  une permanence de temps à autre  et en mettant à jour leur site web, je contribue ainsi à faire connaître l’association sur la toile et je me sens utile à double titre !

Je ne résiste donc pas à vous parler du dernier événement qui s’est tenu le week-end de Pâques, où une vingtaine d’enfants du quartier est partie à la chasse aux oeufs pour le plus grand bonheur des  petits et des grands : tout ce petit monde a pu flâner dans le jardin la bouche pleine de chocolat et repartir en plus avec une adorable peluche  de Chic ! On ressource.

Que du bonheur :)

RSE, reporting extra financier : quelles synergies avec la comptabilité de l’immatériel ?

Reporting extra financier : quelles convergences et différences entre l’approche dite immatérielle et l’approche RSE-DD?

Depuis plusieurs années le champ du reporting non financier fait l’objet d’évolutions et de changements qui suscitent de nombreuses interrogations. Faut-il tout quantifier, monétariser ? Quel est l’intérêt et quelle place laisser au narrative reporting Faut-il privilégier une mesure de la performance globale et donc de la soutenabilité en termes de bilan élargi, de compte de résultat ou de business model?

Face à toutes ces interrogations, une conférence était organisée le 22 janvier 2015 par Michel Laviale, président du Groupe de travail Performance extra financière du MEDEF.

Plusieurs intervenants issus du monde la finance, de la notation extra-financière et de la comptabilité ont ainsi apporté leur éclairage sur les enjeux de la comptabilité immatérielle et du Développement Durable.

« Economie et comptabilité de l’immatériel, Enjeux du reporting non financier »

Jean-Claude Dupuis auteur de cet ouvrage, rappelle en préambule que la notion de capital immatériel n’est pas nouvelle :

  • le terme de « purs incorporels » est employé dans la sphère comptable depuis les années 1970
  • puis s’ajoute dans les années 1980 la thématique de la connaissance sous l’appellation de « capital intellectuel »
  • et c’est avec la montée de la RSE dans les années 2000 que les ressources naturelles sont désormais prises en considération sur le plan comptable.
  • si l’on ajoute à cela le facteur de production résiduelle (le capital santé par exemple),  le jargon de la comptabilité sait décrire de longue date les ressources invisibles ou incorporelles mais pour autant bien réelles.

Malgré le sentiment actuel de les redécouvrir, tous ces éléments sont donc déjà largement intégrés dans le champ de l’analyse fondamentale et Jean Claude Dupuis d’insister sur quatre idées force :

1. il n’existe pas de Sciences de l’immatériel

2. le capital immatériel prend sa source dans l’évolution des normes comptables (IFRS) des années 2000, puis dans la prise en compte du business model de l’entreprise comme moteur de création de valeur. Apparait alors la notion d’amortissement du « goodwill » suivant la méthode comptable américaine. Le reporting intégré en est le prolongement philosophique puisqu’on raisonne précisément en termes de business model stratégique plutôt qu’en simple compte de résultat.

3. le Développement Durable rejoint la RSE par la convergence de leur comptabilité immatérielle et la notion commune de soutenabilité qu’elle implique, c’est-à-dire de mesure du revenu, au sens de ce qu’il est possible de consommer sans toucher au capital.

☞ Deux questionnements de fond apparaissent dès lors :

      1. doit-on raisonner en soutenabilité de l’avantage concurrentiel ?
      2. doit-on raisonner en modèle d’entreprise socialement soutenable ? 

☞ Plusieurs approches sont possibles :

    • celle de l’économie du Développement Durable (champ de la Banque mondiale par une approche du bilan élargi)
    • celle de l’amortissement, en basculant le capital au passif et les emplois à l’actif. (voir les travaux d’Olivier Godard)
    • celle d’un raisonnement global en terme de modèle économique &  risques associés, pour lequel le reporting intégré (IIRC) prévaut. Ici, la comptabilité ne s’arrête pas à ce qui est mesuré au compte de résultat.
☞ Mais il faut à ce stade distinguer 3 notions majeures :
        • la rentabilité (financière et économique) durable,
        • la compétitivité durable (en matière de biens et services)
        • la productivité globale (qui mesure l’excellence opérationnelle).

4. Enfin, il ne faut pas sous estimer les risques & limites de la quantification et de la monétarisation. Comme l’évoque Jean Tirole dans ses travaux, la quantification peut dans certains cas détruire la motivation : c’est tout l’enjeu de la psychologie du travail, qui d’après Jean-Claude Dupuis n’est pas suffisamment corrélée à la RSE. Selon lui, cette dernière intègre plus le capital humain qu’un réel changement dans l’organisation du travail.

En contrepoint

Si les représentants du monde financier s’accordent sur les limites de la volumétrie et de la quantification des données de reporting, il apparaît que l’analyse fondamentale trouve aussi ses limites dans la vraie vie : en effet, Fouad Benseddik de Vigeo souligne que les aspects qualifiés de résiduels dans le monde comptable ont en revanche une réelle signification et une valeur palpable dans la vie de tous les jours.

Il conviendrait dès lors de s’affranchir de la pure valeur actuarielle pour mieux embrasser le business model de l’entreprise comme outil de mesure de la RSE. En ce sens, les évolutions notables du GRI (version 4) tendent à montrer que, pour être efficace, l’intelligibilité des indicateurs prévaut sur leur nombre.

Il semblerait que la méthode IIRC soit en cela plus proche d’une vision englobante de la RSE, un indicateur n’ayant de sens qu’avec des objectifs associés et inversement. Par une approche en reporting intégré l’indicateur est rapporté au contexte de l’entreprise, ce qui n’est pas forcément transposable.

S’agissant des externalités et de leur traduction comptable, J.C. Dupuis préconise 2 techniques de monétarisation :
  • soit on cherche à donner un prix à l’externalité et dans ce cas, il devient nécessaire de créer un marché
  • soit on intègre le coût de l’externalité à l’amortissement comptable, sachant qu’il peut être excessif, dans certains cas de vouloir donner un prix à une ressource qui ne saurait se résumer à sa valeur économique.
Fouad Benseddik rappelle à juste titre que les actifs immatériels  (tels que le capital humain) n’étant ni assurables ni amortissables à ce jour, l’implication des dirigeants dans l’exercice de reporting intégré reste une évidence incontournable qui doit être soutenue et encouragée. La RSE fait figure de poumon de l’immatériel et relève de :
        • la cohésion du capital humain
        • l’efficience organisationnelle
        • la réputation de l’entreprise
        • sa sécurité juridique

Une récente étude européenne portant sur le reporting RSE fait état d’une indéniable généralisation du discours RSE au niveau mondial ainsi que de réelles informations sur la gouvernance, désormais disponibles. Avec plus de 10% des discours portant sur l’environnement et sur l’éthique des affaires, la performance RSE s’enracine solidement dans les stratégies des organisations.

Toutefois, Vigeo souligne un bilan en demi-teinte pour ce qui touche au dialogue social et aux achats (internes et externes)…

Selon la formule consacrée, de belles marges de progression restent donc encore à explorer!