L’Ecohabitat, un arc-en-ciel de compétences

Co-opérer pour améliorer notre Ecohabitat 

Retour sur le colloque organisé le 24 mars 2016 par la Fondation de France

Partant du constat que la précarité énergétique s’accroît au niveau national, la Fondation de France a initié en 2010 une expérimentation axée sur la rénovation écologique de logements occupés par des personnes vulnérables. Sa démarche privilégie une approche aussi bien environnementale que socio-économique,  axée sur la coopération entre acteurs et parties intéressées, par l’auto-éco-construction ou réhabilitation de leur cadre de vie. Sur 18 projets retenus, 15 sont devenus opérationnels via la création d’un comité Ecohabitat et d’un pilotage de l’opération par l’association Relier. En voici les principaux enseignements au travers de nombreux retours d’expériences.

Organiser la concertation pour améliorer le confort avant tout

Co construire un éco-habitat doit se faire avec le consentement des habitants, au-delà des solutions techniques même si les aides en lien avec la rénovation énergétique sont plus nombreuses. Pour Patrick Marot, Directeur du Pact Aveyron, il est nécessaire d’adapter le système aux besoins des habitants et non l’inverse. “On a une responsabilité professionnelle… Il faut organiser la concertation en fonction de l’environnement physique et géographique ».

Le choix des matériaux tels que la terre crue et autres produits locaux sont privilégiés mais il est  difficile de trouver des fournisseurs locaux. Il faut aussi former les acteurs à ces nouvelles méthodes de travail qui en soit, ne posent pas de problème au niveau corporel mais qui peuvent devenir sensibles sur le plan du bâti.

C’est tout l’enjeu des responsabilités vis-à-vis des assurances car aujourd’hui « on est encore borderline » estime Laurent Bouyer, animateur d’Enerterre Cotentin. L’expérience des castors en auto-réhabilitation accompagnée est un exemple d’assurances possibles mais une certaine prise de risque subsiste dans ce genre d’expérimentations.

Passer de « l’Insistance à Maîtrise d’Ouvrage » à l’Assistance à Maîtrise d’Usage

Les divers projets expérimentés par la Fondation de France démontrent que l’autonomie des acteurs reste un sujet épineux, nécessitant souvent un accompagnement (encore quasi-inexistant). Une double compétence sociale et technique doit alors être reconnue par les acteurs pour démontrer les externalités positives génératrices d’économie. Bien souvent, c’est un gros problème pour les habitants de savoir utiliser les outils mis à leur disposition et le modus operandi dépend réellement du logement.

D’après Patrick Marot (Pact Aveyron) il n’existe pas encore de méthode reproductible en ce qui concerne la maitrise d’usage car chaque cas est particulier. C’est donc avant tout le « job » des équipes sociales de s’assurer des usages.  On en déduit qu’une personne tierce, active, qui fait le lien (en terme de durée, de distance et d’empathie) aurait sa juste place. Qu’il s’agisse de compagnonnage ou de communauté apprenante , un métier reste à créer et il implique en quelque sorte de poster des sociologues auprès des architectes !

Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle insiste sur l’enjeu de durabilité de la démarche d’Ecohabitat car certains (investisseurs) pourraient se lasser du discours sur la pauvreté. Il faut donc raisonner en ville durable et pas uniquement en Ecohabitat. A Loos-en-Gohelle, de nombreux organismes se sont installés dont la Fondation d’Auteuil, la Fédération Française du Bâtiment, jusqu’au musée de l’Ecohabitat, ce qui révèle une véritable stratégie à grande échelle. L’art d’habiter devient donc aussi important que l’art de construire.

Boîte à outils 

Le gros enjeu reste la rénovation car aller chez les propriétaires/occupants est parfois un véritable casse tête d’ordre culturel (par rapport aux habitudes de vie). Il est donc logique de se heurter à des obstacles tels que le manque de communication ou encore la difficile  appropriation du lieu, dont les travaux sont souvent de bric et de broc. Comme il est difficile de faire des économies d’échelle car aucun projet ne se ressemble, il est impératif de prévoir une batterie d’outils à mettre à  disposition. Et comme une innovation est souvent une désobéissance qui a réussi, les projets retenus par la Fondation de France ont innové:

  • en montant des ateliers,
  • en présentant des maisons témoins,
  • en faisant un recensement habitant/habitant
  • en travaillant en réseaux, notamment avec les groupements d’entreprise,
  • en étant endurant par une approche participative sur la durée
  • en assemblant les compétences comme par exemple associer maçon et ingénieur.

A ce titre, Julian Pondaven, Directeur de l’association Cohérence souligne que si chacun a un droit de contester il a aussi le devoir de proposer, et comme habiter n’est pas toujours synonyme de se loger, il faut prévoir de réunir les opérateurs, les salariés, les habitants dans une posture mentale de : « on est tous habitants ».

Les conditions de réussite selon la Fondation de France

Soutenu par Emmanuelle Cosse, Ministre du Logement et de l’Habitat Durable, le colloque du 24 mars 2016 a mis en évidence certains prérequis à la réussite de telles expérimentations. Voici les cinq conditions que la Fondation de France estime indispensables pour permettre à nos sociétés d’évoluer positivement sur la question de l’habitat écologique, en particulier pour les publics les plus vulnérables :

  1. Améliorer la maîtrise d’usage des habitants en prenant en compte les usages des futurs habitants pour construire un projet,
  2. Renforcer la qualité de vie pour améliorer la santé en utilisant des matériaux préservant leur santé et en croisant les innovations techniques et les évolutions sociales,
  3. Penser global, agir local,
  4. Prendre en compte une économie adaptée aux personnes vulnérables en s’assurant de l’implication et de l’appropriation des projets par les habitants dans la durée et en intégrant leur capacité financière,
  5. Valoriser les nouvelles compétences grâce aux nouveaux projets en les faisant notamment valider au cours des projets d’Ecohabitat.

                                                       

 

L’engagement sociétal, vecteur de co-construction durable en entreprise

Gouvernance collaborative & réel engagement, clés de voûte d’une RSE de qualité 

Le monde change : la pression des échéances climatiques et environnementales  nous assaille socialement. L’entreprise doit de fait s’adapter aux injonctions réglementaires, mais mal anticipées et surtout mal accompagnées, celles-ci ne sont que trop souvent subies.

Pérenniser son activité par la prise en compte des grandes mutations économiques, sociales et environnementales et la gestion des risques et opportunités potentiels devient une évidence pour les organisations qui gagnent en maturité sur le sujet.

Anticiper ces risques et opportunités par une innovation sociétale efficiente devient une nécessité. L’objectif à terme est clair : avoir une longueur d’avance en matière d’investissements stratégiques et de développement d’entreprise.

Méthodes et étapes d’une dynamique RSE et d’un réel engagement sociétal

  1. La gouvernance : elle apporte plus d’équilibre et de transparence dans la répartition du pouvoir et elle implique tous les niveaux hiérarchiques dans la gestion d’une entreprise. Sa mise en œuvre garantit un processus durable et efficace de création de valeurs. Son chef d’orchestre en est souvent le dirigeant. Ses qualités et compétences lui permettent d’assurer le pilotage de la démarche RSE.
  2. L’engagement dans la RSE : le dirigeant met à profit ses compétences afin d’ancrer la RSE dans la culture organisationnelle. Pédagogue tant sur le plan stratégique qu’opérationnel, il facilite l’assimilation des enjeux de la RSE dans l’entreprise et au-delà. Il montre la voie et encourage de facto ses collaborateurs et salariés à adopter un comportement responsable.
  3. Le Système de Management : nous venons de jeter les bases du pilotage de la RSE qui reprend largement les processus éprouvés de l’amélioration continue, sur le plan économique, sociétal et environnemental.

Conseils et perspectives pour une entreprise 3.0

L’émergence de nouveaux modèles économiques (circulaires, solidaires, collaboratifs…) nous exhorte à la créativité. Il est plus que jamais nécessaire de se poser les bonnes questions au crible des critères Economiques, Sociétaux et de Gouvernance. La RSE est en ce sens un précieux levier pour reconsidérer les données d’entrée. Elle incite à s’ouvrir aux autres et sortir de sa zone de confort pour mieux embrasser les opportunités futures.

Voici quelques pistes pragmatiques puisant leur sève dans l’analyse des bouleversements économiques, environnementaux et sociétaux que nous connaissons :

  1. Repenser nos modes de fonctionnement grâce à l’innovation sociétale systémique : reconsidérer le temps par une plus large mutualisation ; c’est ce qu’on appelle le CO pour co-création, co-développement, co-construction, co-llaboration, co-responsabilité,
  2. Mettre en avant l’innovation frugale, en s’appuyant sur une sobriété raisonnée et assumée. Sur le plan environnemental le principe des 3 ou 5 R comme re-penser, ré-nover, ré-inventer, ré-enchanter, ré-former, re-définir, re-nouveler, re-fonder, ouvre des perspectives nouvelles à nos modes de consommation intra ou inter-entreprises. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire qui prend en compte l’éco-conception et la haute qualité environnementale (HQE).
  3. Au plan économique et comptable, mettre en valeur les externalités, c’est-à-dire les bienfaits immatériels que génère l’entreprise, pour faire émerger sa capacité extra-financière à contribuer à l’intérêt général, au-delà du profit purement économique.

Concrètement la création de valeurs passe par l’évaluation du retour sur investissement (ROI) tant économique qu’énergétique et temporel. C’est le principe même de la RSE qui se décline par la prise en compte des externalités (lecture extra financière des investissements immatériels), le partage des savoirs (l’approche intuitive 2.0 est le sésame des écosystèmes de demain), la pratique de l’économie collaborative, positive et circulaire et enfin, les nouveaux modes de financement notamment participatifs.


Retrouvez l’intégralité de cet article dans le Guide Génie des Lieux 2015

                           

                                                                    

Management QSE : vers la RSE

De la Qualité orientée client, l’entreprise ajoute depuis quelques années deux dimensions à ses tableaux de bord stratégiques, la Sécurité en son sein et l’Environnement de ses parties prenantes.

Un nouveau sigle est né : le Q.S.E., posant les bases d’un nouveau paradigme où la responsabilité sociétale transcende la philosophie purement marketing. La culture des bonnes pratiques, le regain des valeurs, traduisent une quête d’exemplarité de l’entreprise, cotée ou non en Bourse !

Frappée par une des crises économiques les plus graves de son histoire, l’entreprise d’aujourd’hui est plus que jamais le sanctuaire de la création de valeur et sa mission est double : être non seulement efficiente mais surtout pérenne, sous peine de disparaître ! Fort de ce constat elle s’affranchit de la conformité réglementaire en implémentant à tous ses niveaux hiérarchiques et transverses, une batterie de normes et de référentiels. Evaluer, prévenir au mieux les risques, les  cartographier, en surveiller les indicateurs, autant de contraintes auxquelles sont confrontés les stratèges qui doivent faire face à un dilemme : comment trouver le temps de créer de la valeur ajoutée quand l’entreprise  le sacrifie sur l’autel des réglementations à appliquer?

Serions-nous au cœur du développement durable des sociétés, où les hommes sont censés utiliser le QSE comme vecteur d’une création durable de valeur, respectueuse de tous ? En guise de parade, nous voyons poindre son avatar au travers du système de management intégré (SMI). Sa réussite nécessite cependant deux conditions sine qua non : l’engagement, l’exemplarité du management mais bien au-delà, l’appropriation du projet par l’opérationnel ; ce dernier en reste la clé de voûte. Bien qu’il n’ait aucun pouvoir réel de décision stratégique, il peut à lui tout seul faire capoter la kyrielle de processus élaborés par le management, s’il n’en perçoit pas l’intérêt ! En effet, comme trop d’informations tuent l’information, trop de procédures créent l’inertie. Le manager a donc la lourde tâche de porter et d’expliquer les changements en évacuant les redondances tout en exerçant son habileté à fédérer son staff autour des missions quotidiennes. Son défi est bien réel : gérer les paradoxes QSE pour arriver à pérenniser le paradigme RSE*.

             


*Responsabilité Sociétale de l’Entreprise structurée par la norme ISO26000 depuis 2010

Le conseil RSE au service du bâtiment durable

Act in’DEED le conseil RSE par D’Dline 2020

(cliquez sur la photo pour l’agrandir ou visionnez ici l’offre RSE de D’Dline 2020)

Lancé en 2012 le concept volontariste Act in’DEED est plus que jamais d’actualité car littéralement, son ambition est d’agir vraiment en faveur des transitions écolonomiques, énergétiques, environnementales et sociétales du bâtiment durable.

Après une sensibilisation assidue auprès des acteurs du bâtiment sur les enjeux énergétiques et sociétaux de la construction durable, D’Dline 2020 vous propose aujourd’hui d’aller plus loin par un conseil RSE personnalisé enrichi de rencontres virtuelles ou réelles.

Participer à des ateliers thématiques ciblés bâtiment durable. Au coeur de Paris, Florence Rollin vous accueille, sur inscription préalable, autour d’un petit déjeuner convivial pour passer en revue les dernières actualités des green-buildings. Inscrivez-vous ! Qu’ils soient réels ou virtuels les ateliers DD se réservent sur simple inscription en ligne, via la rubrique contact du site ddline.fr, en précisant la formule choisie.

S’enrichir de l’approche participative 2.0 par des séminaires en ligne pour faire le plein d’astuces stratégiques et réglementaires passées au crible des critères ESG. (économiques, sociétaux et de gouvernance). Via une plateforme webinar gratuite, pratiquons ensemble 45mn d’échanges RSE DD appliqués au bâtiment durable, de chez vous, en quelques clics !

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