Matériaux de construction : le boom des plateformes de réemploi

Le réemploi des matériaux, un secteur en plein essor

Boostés par l’ordonnance de 2010 relative à la Directive Européenne « Déchets » de 2008, les acteurs du bâtiment s’organisent. Les consultations sur la feuille de route de l’économie circulaire du gouvernement prévue pour fin mars 2018 suggèrent vivement (par la voie de la Plateforme RSE) de promouvoir et favoriser le développement d’initiatives portant création de nouvelles filières de recyclage. De plus, l’objectif que l’Union Européenne a fixé pour chaque pays est ambitieux : atteindre 70% de recyclage des déchets de construction et de déconstruction à l’horizon 2020. L’enjeu est d’envergure puisqu’il s’agit de réduire l’impact environnemental du bâtiment, premier concerné par sa contribution aux Gaz à Effets de Serre en France.

Fort d’un chiffre d’affaires national de 1,7 milliards d’euros, la France a déjà traité plus de 100 millions de tonnes de déchets en 2016 (source : Batiactu). Le réemploi des matériaux a donc de beaux jours devant lui.

Côté juridique : encadrer les pratiques de réemploi

Afin de rassurer les acteurs du bâtiment et pour que le réemploi change d’échelle économique, la question des garanties et des responsabilités liées aux matériaux utilisés ainsi que le maintien de la qualité technique des ouvrages est prépondérante. Voici les freins au réemploi que l’Ademe a identifié :

👉 La mise à disposition de matériaux peut être entravée par la question de la responsabilité : qui endosse la responsabilité en cas de défaillance technique, de problème sanitaire ou environnemental ? Le maître d’ouvrage ? L’entreprise de démolition ? La plateforme de mise à disposition ?

👉 La garantie décennale et dommage ouvrage : certaines entreprises peuvent être réticentes à mettre en œuvre des matériaux issus du réemploi car elles engagent leur responsabilité. Ceci nécessite alors une adaptation des contrats de garantie.

👉 Les matériaux issus du réemploi ne peuvent pas entrer dans le cadre d’une garantie biennale, qui ne s’applique qu’aux matériaux neufs.

Etudier et expérimenter les cycles de la matière et le réemploi

L’association d’architecture expérimentale Bellastock,  développe depuis 2006 une expertise sur le réemploi dans la construction, notamment au travers de Actlab – le Laboratoire manifeste du réemploi.

Avec son projet de recherche REPAR elle interroge précisément le rôle de l’architecte dans le suivi de sa mission au sens défini dans la loi Maîtrise d’ouvrage publique de 1982 (loi MOP), lorsque le souhait d’intégrer des matériaux de seconde vie dans un projet de construction a été formulé. (Source : REPAR 2).

C’est une source précieuse d’informations et d’expérimentations nécessaires à la démarche de progrès des acteurs du bâtiment en matière de recyclage des matériaux de construction ou de déconstruction.

Les plateformes de réemploi en Ile de France

Le site matériauxreemploi.com propose par exemple un annuaire au niveau
national. En ce qui concerne la région parisienne voici par ordre alphabétique, les
principales plateformes de réemploi que D’Dline 2020 a recensées. A la croisée de l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage et de la mise en relation via leurs propres plateformes web, véritables places de marché, elles participent à la dynamique de l’économie circulaire du bâtiment en région parisienne. Vous en connaissez d’autres ? Faites les connaître dans la rubrique commentaires !

🔎 Et pour aller plus loin 🔍

Télécharger le dossier BAZED :
« Comment réaliser un projet réutilisant des
matériaux issus de la déconstruction ? »

 

Télécharger le rapport Vernier de Mars 2018
Les filières REP (Responsabilité Elargie des Producteurs)

 

 

Projet de plan de rénovation énergétique: lancement de la concertation et de la mobilisation

Plan de rénovation énergétique : lancement de la concertation

Dans le cadre du Plan Climat et de la Stratégie logement du Gouvernement, Nicolas Hulot et Jacques Mézard lancent une concertation sur le plan de rénovation énergétique des bâtiments. De fin novembre à fin janvier 2018, l’ensemble des Français et des acteurs de la rénovation sont invités à s’exprimer pour enrichir le plan et co-construire une stratégie à long terme avec comme horizon commun la neutralité carbone en 2050. L’objectif est d’accélérer la rénovation des bâtiments énergivores et mal isolés en faisant de la rénovation énergétique une priorité nationale.

Pour Nicolas Hulot, « le plan de rénovation énergétique va donner des moyens inédits aux Français pour rénover leurs logements avec une attention particulière pour les ménages modestes. »

« Notre priorité est de protéger les plus fragiles face au froid. Il nous faut promouvoir une rénovation énergétique abordable pour tous. La rénovation est une opportunité pour la filière du bâtiment dans nos territoires et un moteur pour l’innovation » a déclaré Jacques Mézard.

Jusqu’à la fin janvier 2018, l’ensemble des parties prenantes – fédérations professionnelles, associations de consommateurs, associations environnementales, représentants des collectivités territoriales et opérateurs publics mais également le grand public – seront consultés pour contribuer à l’élaboration de la feuille de route :

  • Au niveau national, des ateliers de concertation permettront d’affiner la stratégie et d’étoffer les axes clés ;
  • Des réunions locales seront organisés par l’État pour que tous les acteurs puissent s’exprimer ;
  • Le Conseil national de la transition écologique et le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique rendront un avis consultatif formel.

Pour associer tous les Français, le plan sera soumis à une consultation sur internet –  http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/ – pour recueillir les contributions, les remarques, les bonnes idées et les propositions concrètes de chacun.

Avec ce plan, le Gouvernement veut faire de la rénovation énergétique une priorité nationale avec comme objectif une mobilisation générale pour réduire notre consommation d’énergie. Le Gouvernement souhaite :

  • Accompagner tous les ménages dans la rénovation de leur logement et prioritairement lutter contre la précarité énergétique ;
  • Faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires en matière d’efficacité énergétique ;
  • Créer une nouvelle dynamique de filière pour rénover plus, mieux et moins cher
  • Entraîner les territoires par la mobilisation des acteurs locaux

4 axes pour atteindre la sobriété énergétique

Le plan propose 4 axes déclinés en 13 actions et présente une feuille de route pour la rénovation énergétique qui vise à faire baisse durablement notre consommation énergétique.

1. Faire de la rénovation énergétique une priorité nationale identifiée aux objectifs hiérarchisés

  • mieux définir les objectifs ;
  • développer une communication adaptée ;
  • organiser des dispositifs territoriaux d’accompagnement ;
  • mettre en place un pilotage global et participatif.

2.    Lutter contre la précarité énergétique et massifier la rénovation pour les particuliers

  • une réforme globale des aides notamment en transformant le crédit d’impôt transition énergétique en prime ;
  • un service public de la performance énergétique de l’habitat avec un guichet unique pour tous les Français ;
  • une approche industrielle de la rénovation des passoires thermiques pour changer d’échelle dans la lutte contre la précarité énergétique.

3.    Favoriser la rénovation des bâtiments publics et tertiaires

  • Rénover en 5 ans 25% du parc immobilier de l’État ;
  • Mobiliser 3 milliards d’euros pour accompagner les collectivités dans la rénovation de leur parc tertiaire ;
  • Améliorer la base légale du décret tertiaire de façon à maintenir une exigence ambitieuse en matière de rénovation du parc tertiaire privé.

4.    Renforcer les compétences et l’innovation

  • Améliorer le dispositif permettant aux entreprises d’être reconnues garantes de l’environnement ainsi que la formation des professionnels du bâtiment ;
  • Soutenir l’innovation et encourager sa diffusion.
Le plan rénovation énergétique des bâtiments, les chiffres clés
–    7 millions de logements mal isolés
–    3,8 millions de passoires thermiques occupées par des ménages en situation de précarité énergétique
–    14% des Français ont froid dans leur logement
–    Le secteur du bâtiment représente 45% de la consommation d’énergie finale
–    Le secteur du bâtiment représente 27% des émissions de gaz à effet de serre
–    Rénover 25% du parc immobilier de l’État le plus consommateur d’énergie en 5 ans
–    Réduire de 60% la consommation énergétique du parc tertiaire privé à l’horizon 2050

Villes et bâtiments de demain : pour une prise de décision avertie

Prendre les bonnes décisions pour des villes et bâtiments durables

A l’heure des choix qui impacteront les prochaines décennies, D’Dline 2020 vous invite à une prise de recul stratégique dans le domaine de la ville durable, de l’urbanisme et du bâtiment.

Pour dessiner le monde de demain plusieurs études, dossiers, publications et synthèses ont été réalisées par différents donneurs d’ordre qui, mis bout-à-bout offrent un éclairage pertinent sur les pistes à suivre au regard des freins actuels et des marges de progrès qui en résultent.

 

Dans le menu Bâtiment durable de ce site vous découvrirez quelques dossiers stratégiques récents consacrés aux problématiques de financement de la transition énergétique ou encore  …

Le menu Boîtes à outils recense quant à lui, plusieurs guides précieux en matière de retours d’expérience dans le domaine de la rénovation énergétique des bâtiments.

Et pour un tour d’horizon complet, ma rubrique Bibliotek ajoute un volet 2017, reprenant les 2 précédents menus évoqués ci-dessus, tout en élargissant la réflexion à des considérations plus globales telles que l’environnement, le climat, la mobilité….

Souhaitant que la compilation de ces ouvrages vous inspire et facilite vos arbitrages en qualité de donneurs d’ordre et professionnels du bâtiment,

Cordialement,
Florence Rollin
D’Dline 2020, vecteur du bâtiment durable

 

Des hydroliennes de rivière portables en Alberta

Qu’est-ce qu’une hydrolienne portable ?

L’hydrolienne portable est une technologie qui produit de l’électricité à partir de la vitesse du courant d’une rivière, une fois déposée au fond de celle-ci. En général, trois personnes et quelques heures sont nécessaires pour une installation complète.

Ces hydroliennes sont installées par deux personnes (assurées par une troisième depuis la berge) en utilisant un brancard d’installation, sécurisées par un câble puis reliées à des batteries via des câbles électriques. Pesant environ 150 kg, elles ont seulement besoin d’environ 60 cm d’eau pour fonctionner et requièrent une vitesse de courant allant de 1,2 à 3 m/s. Cette technologie peut fournir suffisamment d’électricité (jusqu’à 500 W ou 12 kWh/ jour) pour répondre aux besoins de base en électricité d’une petite maison (éclairage, Wi-Fi, réfrigérateurs, ordinateurs…).

Les hydroliennes d’Idénergie : une solution adaptée dans des zones sans électricité où l’énergie coûte cher

Un nombre élevé d’individus vivent isolés des réseaux d’électricité. Leur nombre total est estimé à plus de 920,000 en Amérique du Nord selon une étude faite par le gouvernement du Canada en 2011 sur l’état des communautés hors-réseau.

L’option la plus souvent utilisée pour répondre à de plus grands besoins énergétiques demeure la génératrice à essence. Celle-ci est fonctionnelle, mais non-efficace. Elle coûte cher à entretenir (jusqu’à 5000$ par an pour un résidant vivant sur le site tout au long de l’année) et contribue à l’émission de gaz à effet de serre.

Au Canada, quelques entreprises ont essayé de développer des turbines qui génèrent de l’électricité à partir du courant d’une rivière. Pourtant, très peu sont parvenues à développer une turbine qui soit efficace à basse vitesse et qui fonctionne dans une rivière de faible profondeur. Conçues à l’origine pour des habitations hors réseau, plusieurs hydroliennes peuvent être connectées ensemble pour répondre à de plus grands besoins énergétiques.

Ces systèmes sont modulaires et peuvent par exemple inclure des panneaux solaires ou se raccorder au réseau électrique (s’il existe) et que le distributeur d’électricité permet le rachat des surplus générés. Pour Pierre Blanchet, Président d’Idénergie, les hydroliennes installées à Parcs Canada représentent un projet innovant qui contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.” – Télécharger le CP du 27 juin 2016