Mobiliser les professionnels avec l’Agence Parisienne du Climat

Tour d’horizon des nouvelles missions de l’Agence Parisienne du Climat

Le projet de nouveau Plan Climat de Paris, qui trace la voie vers une capitale neutre en carbone et 100% renouvelables en 2050, a été adopté à l’unanimité au Conseil de Paris le 20 Novembre dernier. La Ville de Paris compte notamment s’appuyer sur l’Agence Parisienne du Climat (APC) pour atteindre ses objectifs.

Reconnue par la Ville pour son rôle d’expertise, sa dimension partenariale, l’Agence Parisienne du Climat renforcera sa mission de conseil neutre, gratuit et indépendant auprès des citoyens et des copropriétaires engagés dans une démarche de rénovation énergétique.

Mobiliser les professionnels pour le climat

L’Agence Parisienne du Climat co-animera dès 2018 des communautés thématiques regroupant les acteurs clés des grands secteurs économiques parisiens. En rejoignant une communauté, les entreprises et les institutions pourront profiter d’un accompagnement pour se préparer à un contexte réglementaire de plus en plus ambitieux et identifier les organismes ressources pour partager leurs expériences, échanger les bonnes pratiques et coordonner leurs initiatives sur le territoire.

Accompagner la création d’un « service public de la donnée énergétique »

Pour mettre les nouvelles possibilités offertes par la révolution numérique au service des Parisiens et de l’intérêt général, la Ville de Paris s’engage à mettre en place un service public de la donnée énergétique qui sera piloté par l’Agence Parisienne du Climat.

Ce nouveau service permettra aux usagers d’accéder gratuitement à leurs données pour leur permettre de réduire leurs consommations d’énergie.

Développer la filière professionnelle de la rénovation énergétique

La Plateforme Territoriale de Rénovation Energétique (PTRE) parisienne, portée par l’APC, entend favoriser la massification des rénovations énergétiques en copropriété. Avec le CoachCopro®, la PTRE positionne un guichet unique qui s’adresse à l’offre et à la demande, c’est-à-dire les professionnels de la rénovation et les particuliers copropriétaires.

Renforcer l’offre de conseil sur les économies d’énergie pour les pétitionnaires

Dès 2018, le Plan Climat prévoit de renforcer l’offre de conseil sur les économies d’énergie et l’application du Plan Climat à destination des pétitionnaires. La Ville de Paris et l’APC animeront des groupes d’échanges pour cibler les solutions techniques, juridiques et organisationnelles innovants. Les apports de ces échanges alimenteront l’offre de conseil et les retours d’expérience seront valorisés.

Expérimenter de nouveaux outils pour concevoir la ville : les Zones de Rénovation Concertée

Pour atteindre son objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, la Ville de Paris adopte dès aujourd’hui une approche de quartier pour dépasser l’échelle du bâtiment. Ses zones d’aménagement concertées (ZAC) sont par exemple de véritables laboratoires du Plan Climat.

Le Plan Climat prévoit l’expérimentation d’un dispositif permettant de mutualiser les projets de rénovation énergétique sous la forme de Zone de Rénovation Concertée. L’APC coordonnera cette expérimentation sur 3 zones situées dans les 13e, 18e et 19e arrondissements dès 2018, afin de permettre la réalisation d’une Zone de Rénovation Concertée d’ici 2020.

Accompagner les nouveaux métiers de la transition énergétique : l’écogestionnaire

l’APC a mené des réflexions sur l’évolution du métier de property manager, dans le cadre d’un groupe de travail composé de 7 acteurs de l’immobilier et de la ville durable. Ces réflexions ont conduit à l’émergence du métier d’éco-gestionnaire. Cet acteur du « sur-mesure » sera un coordonnateur de proximité et pilotera à l’échelle du quartier ou de l’îlot l’ensemble de services mutualisés et collaboratifs pour l’immobilier.

Agir pour la qualité de l’air

Pour améliorer la qualité de l’air de la ville, l’APC informera les Parisiens sur la pollution liée au chauffage, notamment sur l’arrêt de l’utilisation des cheminées lors des pics de pollution. L’Agence Parisienne du Climat incitera également les copropriétaires à remplacer les systèmes de chauffage central au fioul, en vue de l’objectif de zéro chauffage fioul en 2030.

Diffuser & développer les solutions pour adapter la ville au réchauffement climatique

La stratégie d’adaptation au changement climatique, adoptée par Paris, fixe l’objectif qu’aucun Parisien ne soit à plus de 7 minutes de marche d’un îlot de fraîcheur. Une carte interactive sera mise en ligne dès 2018 et actualisée chaque année.

Source : Agence Parisienne du Climat

Efficience énergétique du bâtiment : guides et études

Performance, efficience : objectifs incontournables pour un futur soutenable ?

Afin de répondre au mieux à cette question, D’Dline 2020 a regroupé ci-après des publications d’aide à la prise de décision via de nombreux guides, retours d’expérience ou  études sociologiques fort utiles pour appréhender les transitions que doit opérer le bâtiment de demain.

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BIM et maquette numérique : guide de recommandations à la Maîtrise d’Ouvrage

Source : Mission interministérielle
pour la qualité des constructions publiques

L’usage de la Maquette Numérique et du BIM (Building Information Modelling) est désormais à la portée de tous professionnels du bâtiment, équipés d’ordinateur ou/et de tablettes et fonctionnant en réseau. Mais s’agissant d’un changement de paradigme majeur, qui induit une nécessaire évolution dans les pratiques relationnelles des acteurs de la construction, de nombreuses questions d’ordre technique, juridique, industrielle doivent être examinées…

Guide des principaux dispositifs d’aide pour la transition énergétique 

Source : Ministère du DD

Adoptée à l’été 2015, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte ainsi que les plans d’action qui l’accompagnent vont permettre à la France de contribuer plus efficacement à la lutte contre le dérèglement climatique et de renforcer son indépendance énergétique en équilibrant mieux ses différentes sources d’approvisionnement. Au travers de cette loi, il s’agit de créer l’élan d’une écologie positive qui lève les freins, libère les initiatives et qui apporte dès aujourd’hui des bénéfices tangibles à chacun.

Guide méthodologique « Comment suivre la performance d’un bâtiment ? »

 Source : Effinergie

Le fonctionnement d’un bâtiment génère des consommations d’énergie et d’eau qui sont importantes.

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2014, les bâtiments résidentiels et tertiaires ont représenté plus de 45 % de l’énergie finale consommée en France.

La rénovation basse consommation : observatoire BBC et retour d’expérience

Source : Ademe-Effinergie

Le marché de la rénovation basse consommation dans le secteur résidentiel est porté par la réhabilitation des logements collectifs. (98% des logements, 80% des opérations). En tertiaire, les 341 opérations, regroupant près de 3 millions de m² sont très majoritairement des bureaux (90% de la surface en cours de rénovation basse consommation en France). Elles sont situées principalement en région Ile de France et sous maîtrise d’ouvrage privée.

L’Ecohabitat, un arc-en-ciel de compétences

Co-opérer pour améliorer notre Ecohabitat 

Retour sur le colloque organisé le 24 mars 2016 par la Fondation de France

Partant du constat que la précarité énergétique s’accroît au niveau national, la Fondation de France a initié en 2010 une expérimentation axée sur la rénovation écologique de logements occupés par des personnes vulnérables. Sa démarche privilégie une approche aussi bien environnementale que socio-économique,  axée sur la coopération entre acteurs et parties intéressées, par l’auto-éco-construction ou réhabilitation de leur cadre de vie. Sur 18 projets retenus, 15 sont devenus opérationnels via la création d’un comité Ecohabitat et d’un pilotage de l’opération par l’association Relier. En voici les principaux enseignements au travers de nombreux retours d’expériences.

Organiser la concertation pour améliorer le confort avant tout

Co construire un éco-habitat doit se faire avec le consentement des habitants, au-delà des solutions techniques même si les aides en lien avec la rénovation énergétique sont plus nombreuses. Pour Patrick Marot, Directeur du Pact Aveyron, il est nécessaire d’adapter le système aux besoins des habitants et non l’inverse. “On a une responsabilité professionnelle… Il faut organiser la concertation en fonction de l’environnement physique et géographique ».

Le choix des matériaux tels que la terre crue et autres produits locaux sont privilégiés mais il est  difficile de trouver des fournisseurs locaux. Il faut aussi former les acteurs à ces nouvelles méthodes de travail qui en soit, ne posent pas de problème au niveau corporel mais qui peuvent devenir sensibles sur le plan du bâti.

C’est tout l’enjeu des responsabilités vis-à-vis des assurances car aujourd’hui « on est encore borderline » estime Laurent Bouyer, animateur d’Enerterre Cotentin. L’expérience des castors en auto-réhabilitation accompagnée est un exemple d’assurances possibles mais une certaine prise de risque subsiste dans ce genre d’expérimentations.

Passer de « l’Insistance à Maîtrise d’Ouvrage » à l’Assistance à Maîtrise d’Usage

Les divers projets expérimentés par la Fondation de France démontrent que l’autonomie des acteurs reste un sujet épineux, nécessitant souvent un accompagnement (encore quasi-inexistant). Une double compétence sociale et technique doit alors être reconnue par les acteurs pour démontrer les externalités positives génératrices d’économie. Bien souvent, c’est un gros problème pour les habitants de savoir utiliser les outils mis à leur disposition et le modus operandi dépend réellement du logement.

D’après Patrick Marot (Pact Aveyron) il n’existe pas encore de méthode reproductible en ce qui concerne la maitrise d’usage car chaque cas est particulier. C’est donc avant tout le « job » des équipes sociales de s’assurer des usages.  On en déduit qu’une personne tierce, active, qui fait le lien (en terme de durée, de distance et d’empathie) aurait sa juste place. Qu’il s’agisse de compagnonnage ou de communauté apprenante , un métier reste à créer et il implique en quelque sorte de poster des sociologues auprès des architectes !

Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle insiste sur l’enjeu de durabilité de la démarche d’Ecohabitat car certains (investisseurs) pourraient se lasser du discours sur la pauvreté. Il faut donc raisonner en ville durable et pas uniquement en Ecohabitat. A Loos-en-Gohelle, de nombreux organismes se sont installés dont la Fondation d’Auteuil, la Fédération Française du Bâtiment, jusqu’au musée de l’Ecohabitat, ce qui révèle une véritable stratégie à grande échelle. L’art d’habiter devient donc aussi important que l’art de construire.

Boîte à outils 

Le gros enjeu reste la rénovation car aller chez les propriétaires/occupants est parfois un véritable casse tête d’ordre culturel (par rapport aux habitudes de vie). Il est donc logique de se heurter à des obstacles tels que le manque de communication ou encore la difficile  appropriation du lieu, dont les travaux sont souvent de bric et de broc. Comme il est difficile de faire des économies d’échelle car aucun projet ne se ressemble, il est impératif de prévoir une batterie d’outils à mettre à  disposition. Et comme une innovation est souvent une désobéissance qui a réussi, les projets retenus par la Fondation de France ont innové:

  • en montant des ateliers,
  • en présentant des maisons témoins,
  • en faisant un recensement habitant/habitant
  • en travaillant en réseaux, notamment avec les groupements d’entreprise,
  • en étant endurant par une approche participative sur la durée
  • en assemblant les compétences comme par exemple associer maçon et ingénieur.

A ce titre, Julian Pondaven, Directeur de l’association Cohérence souligne que si chacun a un droit de contester il a aussi le devoir de proposer, et comme habiter n’est pas toujours synonyme de se loger, il faut prévoir de réunir les opérateurs, les salariés, les habitants dans une posture mentale de : « on est tous habitants ».

Les conditions de réussite selon la Fondation de France

Soutenu par Emmanuelle Cosse, Ministre du Logement et de l’Habitat Durable, le colloque du 24 mars 2016 a mis en évidence certains prérequis à la réussite de telles expérimentations. Voici les cinq conditions que la Fondation de France estime indispensables pour permettre à nos sociétés d’évoluer positivement sur la question de l’habitat écologique, en particulier pour les publics les plus vulnérables :

  1. Améliorer la maîtrise d’usage des habitants en prenant en compte les usages des futurs habitants pour construire un projet,
  2. Renforcer la qualité de vie pour améliorer la santé en utilisant des matériaux préservant leur santé et en croisant les innovations techniques et les évolutions sociales,
  3. Penser global, agir local,
  4. Prendre en compte une économie adaptée aux personnes vulnérables en s’assurant de l’implication et de l’appropriation des projets par les habitants dans la durée et en intégrant leur capacité financière,
  5. Valoriser les nouvelles compétences grâce aux nouveaux projets en les faisant notamment valider au cours des projets d’Ecohabitat.

                                                       

 

L’engagement sociétal, vecteur de co-construction durable en entreprise

Gouvernance collaborative & réel engagement, clés de voûte d’une RSE de qualité 

Le monde change : la pression des échéances climatiques et environnementales  nous assaille socialement. L’entreprise doit de fait s’adapter aux injonctions réglementaires, mais mal anticipées et surtout mal accompagnées, celles-ci ne sont que trop souvent subies.

Pérenniser son activité par la prise en compte des grandes mutations économiques, sociales et environnementales et la gestion des risques et opportunités potentiels devient une évidence pour les organisations qui gagnent en maturité sur le sujet.

Anticiper ces risques et opportunités par une innovation sociétale efficiente devient une nécessité. L’objectif à terme est clair : avoir une longueur d’avance en matière d’investissements stratégiques et de développement d’entreprise.

Méthodes et étapes d’une dynamique RSE et d’un réel engagement sociétal

  1. La gouvernance : elle apporte plus d’équilibre et de transparence dans la répartition du pouvoir et elle implique tous les niveaux hiérarchiques dans la gestion d’une entreprise. Sa mise en œuvre garantit un processus durable et efficace de création de valeurs. Son chef d’orchestre en est souvent le dirigeant. Ses qualités et compétences lui permettent d’assurer le pilotage de la démarche RSE.
  2. L’engagement dans la RSE : le dirigeant met à profit ses compétences afin d’ancrer la RSE dans la culture organisationnelle. Pédagogue tant sur le plan stratégique qu’opérationnel, il facilite l’assimilation des enjeux de la RSE dans l’entreprise et au-delà. Il montre la voie et encourage de facto ses collaborateurs et salariés à adopter un comportement responsable.
  3. Le Système de Management : nous venons de jeter les bases du pilotage de la RSE qui reprend largement les processus éprouvés de l’amélioration continue, sur le plan économique, sociétal et environnemental.

Conseils et perspectives pour une entreprise 3.0

L’émergence de nouveaux modèles économiques (circulaires, solidaires, collaboratifs…) nous exhorte à la créativité. Il est plus que jamais nécessaire de se poser les bonnes questions au crible des critères Economiques, Sociétaux et de Gouvernance. La RSE est en ce sens un précieux levier pour reconsidérer les données d’entrée. Elle incite à s’ouvrir aux autres et sortir de sa zone de confort pour mieux embrasser les opportunités futures.

Voici quelques pistes pragmatiques puisant leur sève dans l’analyse des bouleversements économiques, environnementaux et sociétaux que nous connaissons :

  1. Repenser nos modes de fonctionnement grâce à l’innovation sociétale systémique : reconsidérer le temps par une plus large mutualisation ; c’est ce qu’on appelle le CO pour co-création, co-développement, co-construction, co-llaboration, co-responsabilité,
  2. Mettre en avant l’innovation frugale, en s’appuyant sur une sobriété raisonnée et assumée. Sur le plan environnemental le principe des 3 ou 5 R comme re-penser, ré-nover, ré-inventer, ré-enchanter, ré-former, re-définir, re-nouveler, re-fonder, ouvre des perspectives nouvelles à nos modes de consommation intra ou inter-entreprises. C’est ce qu’on appelle l’économie circulaire qui prend en compte l’éco-conception et la haute qualité environnementale (HQE).
  3. Au plan économique et comptable, mettre en valeur les externalités, c’est-à-dire les bienfaits immatériels que génère l’entreprise, pour faire émerger sa capacité extra-financière à contribuer à l’intérêt général, au-delà du profit purement économique.

Concrètement la création de valeurs passe par l’évaluation du retour sur investissement (ROI) tant économique qu’énergétique et temporel. C’est le principe même de la RSE qui se décline par la prise en compte des externalités (lecture extra financière des investissements immatériels), le partage des savoirs (l’approche intuitive 2.0 est le sésame des écosystèmes de demain), la pratique de l’économie collaborative, positive et circulaire et enfin, les nouveaux modes de financement notamment participatifs.


Retrouvez l’intégralité de cet article dans le Guide Génie des Lieux 2015