« I-Bibliotek » : ma sélection 2017

Synthèse des 2 chapitres développés dans les rubriques  Bâtiment durable et Boîtes à outils, découvrez les plus récentes publications en matière de transitions énergétiques et sociétales appliquées au domaine assez large de la ville durable.

 

Deadline 2020 : how cities will get the job done

Source : C40 Cities

Le Cities Climate Leadership Group, C40, plus grand réseau mondial des villes engagé dans la lutte contre le changement climatique, rassemble 90 villes comme Paris, New York, Rio, Séoul, Shanghai ou Londres pour représenter au total plus de 650 millions de personnes. Deadline 2020 suggère des étapes pour que les villes assument leur part de responsabilité, avec une feuille de route comprenant 1000 actions.

Guide pratique pour la définition d’objectifs carbone alignés sur les connaissances scientifiques 

Source : Global Compact France

Aligner ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) sur les connaissances scientifiques, pour s’assurer que l’entreprise contribue effectivement au respect du seuil de 2°C, tel est le projet ambitieux et exaltant porté par l’initiative Science Based Targets (iSBT). Le Global Compact France, réseau local officiel du Global Compact des Nations Unies, a souhaité proposer un guide clair, pédagogique, et opérationnel, afin d’initier un engagement massif des entreprises francophones auprès de l’iSBT.

Transports et pollutions : une feuille de route pour mieux respirer

Source : Réseau Action Climat France

Le transport de personnes est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre de Paris. Une partie importante provient des déplacements en avion des Parisiens, l’autre est issue du transport routier. Le transport contribue aussi aux émissions de polluants atmosphériques (oxydes d’azote, particules fines) responsables de maladies respiratoires.

L’écomobilité à Paris

Source : Agence Parisienne du Climat

Le transport de personnes est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre de Paris.

Une partie importante provient des déplacements en avion des Parisiens, l’autre est issue du transport routier.

Le transport contribue aussi aux émissions de polluants atmosphériques (oxydes d’azote, particules fines) responsables de maladies respiratoires.

Retrouvez également les précédentes sélections en déroulant le fil de cette « I-Bibliotek » au service des décideurs du monde demain !

Déjà paru :

 

« Penser la ville de demain : rapports stratégiques »
 « Efficience énergétique du bâtiment : guides et études »

Bâtiment-Energie-Climat-RSE… Ce qu’il fallait retenir avant l’été

A mi-parcours de 2015 et avant un break estival,

D’Dline 2020 retrace pour vous l’actualité

qui a fait le buzz dans les secteurs ou domaines :

du Bâtiment et de ses Réglementations,

de l’Energie et de sa Transition,

du Climat et de l’Environnement,

de la RSE et de sa montée en Puissance.

 

Cliquez sur les titres pour avoir accès aux informations 

 

 

 


Nouveau rayon d’une i-bibliotek qui tourne rond !

Une i-bibliotek DD qui rayonne et tourne rond !

Roue de vélo ? Roue de Deming ? Quoi qu’il en soit @ddline2020 ajoute un nouveau rayon à  sa i-bibliotek, pour y ranger les dernières parutions DD du moment ! 

Du bâtiment à la ville durable, en passant par l’écologie ou encore l’énergie, de nombreuses clés de lecture des transitions à venir vous sont offertes en un clic sur chaque image.

Bons téléchargements  !

 

__________________________Bâtiment__________________________________

            

Hab. & T.E.                   RBR2020                   WWF & Urba.              Programmation

 

 

 __________________________Santé__________________________________

 Bâtir Sain                 Qualités urbaines            ANSES                       ASEF

 

 

____________________Economie circulaire ___________________________

Lignes & Réf.         La Fab. Ecolo         Recyclage Papier        Déchets 2025

 

 

_______________________ Innovation ________________________________

 

Formation                  Fabs Labs                 Dvlpt EnR                     CESE

 

 

 ___________________________Energie______________________________

Financement TE                  Efficacité Energétique               Stockage

 


____________________________Société________________________________

   

Eclairage public                Mesure du Bien-être                 Orée Rapport

 

 

_________________________Environnement_____________________________

 

5ème rapport Giec      Etude Climat          REX Orée               Ecosystemes 

 

Le fabuleux destin d’Horizon 2020

« Moi Horizon 2020 »

A quelques chimères de grandes ambitions je nourris vos espoirs… A l’affiche de « Transitions » je suis signe de ralliement… Dans un environnement contraint je songe à mon avenir… Mon programme ? Revisiter en profondeur les interactions d’un monde en mutation :

∞ Par ambition, j’enrichis mon programme recherche & innovation
∞ Par prévention, je pense à ma santé en fléchant son parcours
∞ Par précaution, je peaufine, plutôt trois fois qu’une, un dossier brûlant
∞ Par anticipation, j’appelle le bâtiment à plus de mesure
∞ Par incitation, je reprogramme ses thermostats en mode sobriété positive
∞ Par cohésion, j’invite tous les acteurs concernés à plancher sur le sujet.

 

Au-delà du discours que faut-il concrètement à Horizon 2020 pour aboutir ? Tous les débats d’experts privilégient les scénarios suivants : un bâtiment connecté (réseaux, smart grid, smart building), une ville mobilisée (énergie, usages, mobilité), des humains engagés (comportements adaptés, usages reformatés).

Bâtiment connecté, énergie managée, comportement adapté ?

 A l’échelle du bâtiment la boîte à outils est déjà bien fournie : du DPE pour identifier les marges de progression, aux CEE pour financer les investissements, sans oublier les EnR pour s’affranchir des énergies fossiles, les composants ne demandent qu’à être assemblés ! Mais faciliter notre transition post carbone relève pour beaucoup du management, précisément celui de l’énergie, par le biais d’un nouvel outil : l’ISO 50001.

  • Diminuer ses coûts d’une part et porter une démarche de progrès inscrite bien souvent dans la politique interne de l’entreprise d’autre part, sont les principaux déclencheurs du passage à l’ISO 50001.
  • Plusieurs industriels en attestaient lors d’une conférence sur les méthodes d’amélioration de la performance industrielle, organisée conjointement par l’UIC et la DGCIS.
  • Tous les témoignages s’accordent sur l’enjeu managérial du déploiement du système pour stabiliser les consommations d’énergie mais aussi sur les perspectives d’autoproduction à terme via des process de cogénération et d’écologie industrielle.

A l’échelle de la ville il s’agit de mutualiser les fonctionnements d’un espace public capacitaire. Pressé par l’impact carbone d’une densité urbaine irréversible, la cité doit jouer d‘intelligence collective. De l’interconnexion des réseaux de transport et d’énergie à leur sobriété énergétique, la ville durable doit puiser ses solutions sur son propre territoire, en circuits courts.

  •   « La ville durable, pour quels habitants? » La restitution des travaux 2013 de la Fondation Palladio à ce sujet met en lumière la dimension immatérielle de la cité, notion précisée par la philosophe Cynthia Fleury qui insiste sur une dynamique d’appropriation, voire de dissidence, de la ville par ses habitants. La ville est à la fois la carte (topos) qui renseigne et la matrice (chora) qui engendre et l’espace public y joue le rôle d’intervalle relationnel.
  • Quelles priorités pour la ville durable ? Le dernier congrès Green City révélait que plus de 50% des bâtiments de 2050 sont déjà construits : les territoires doivent donc impérativement amorcer une rénovation massive de l’existant pour respecter le bouquet Energie-Climat européen. Innovation urbaine, anticipation et approche globale sont les maîtres mots de l’adaptation à la métropolisation. 

  •  Qui plus est, la question de la mobilité devient centrale : d’une gestion des stocks il faut dorénavant apprendre à manager les flux car la densité urbaine demande plus d’énergie au même titre qu’elle engendre plus de déchets. Repenser la ville par le prisme de l’économie circulaire et du biomimétisme est un futur souhaitable car la nature, elle, ne fait pas de déchet (Hubert Reeves). 

A l’échelle humaine il semble que tout reste à faire : si de nouveaux modèles ne demandent qu’à être expérimentés l’individu peine à changer de braquet. S’évertuant depuis des décennies à se différencier par la possession, son schéma de pensée est encore trop souvent en opposition farouche à la notion de partage ou de redistribution portée par l’ESS ou la consommation collaborative. Alors, faut-il changer de modèle par le deuil de la planète que nous connaissons, comme le suggère le philosophe Michel Alberganti. Si oui, cela demanderait presque un accompagnement psychologique.

  • Pourtant les externalités positives que la nature nous procure méritent d’être monétarisées puis intégrées au bilan de l’entreprise. Le PIB et la croissance ne suffisent plus à résoudre l’équation sociétale et environnementale : de nouveaux indicateurs de performance sont à inventer pour rééquilibrer la balance écolonomique.
  • Grâce aux nouvelles technologies de l’information notamment, l’immatériel prend forme par un foisonnement créatif. Les mises en relation immédiates des capitaux et des personnes favorisent les échanges et ouvrent la voie à un « co » arsenal qu’il s’agisse de co-voiturage, de co-working, de co-opétition, de co-llaboration… Un nouvel écosystème émerge toutefois freiné par les récalcitrants à une sobriété heureuse.

Des économies d’énergie ? Vous n’y pensez pas  

Déni ou sacrifice pour les uns, bon sens pour les autres, les clivages sont légions dès que la question des économies d’énergie est tutoyée. Force est de constater que nous héritons d’un problème polymorphe nourrit par la sacro-sainte consommation et un formatage culturel centré sur le plaisir matériel au détriment du sens. Un changement de comportement intellectuel radical est pourtant prôné par de nombreux acteurs, sociologues en tête, mais suivis de près curieusement, par les professionnels de la distribution d’énergie.

  • Pour preuve le colloque annuel de l’UFE qui traitait des défis énergétiques de l’Europe à horizon 2050. Outre des considérations structurelles d’effondrement du marché carbone et la nécessité de mécanismes de soutien, le coeur du sujet est ailleurs : la problématique comportementale et culturelle est enfin officiellement abordée sous le joug de la poussée démographique.
  • Adapter la demande à l’offre apparaît inéluctable et électrifier la ville durable relève du défi. La parade s’imagine dans la technique par l’intermittence de l’approvisionnement d’énergie ou encore l’effacement diffus. Garantir la stabilité énergétique par le dimensionnement du réseau à l’échelle européenne est certes un enjeu de taille pour les professionnels du secteur mais c’est sans compter l’appropriation (technique et psychologique) des réseaux et des bâtiments intelligents par leurs occupants.

Je rêve : mon compteur tourne à l’envers !

Résumons-nous : pour donner vie à cette exclamation il convient matériellement d’isoler, d’équiper, de connecter ; immatériellement il faut ajouter l’accompagnement de l’occupant, du citoyen, de la collectivité… Cette itération permanente du micro au macro est le gage de la fluidité de l’écosystème durable au service d’un individu métamorphosé, espérons-le, en convoyeur de sens.

En substance le scénario d’un nouveau paradigme énergétique passe par un habitat énergétiquement autogéré par l’apport d’énergies renouvelables non fossiles, une consommation mesurée par l’intégration de compteurs intelligents, un impact carbone atténué grâce à des économies d’énergie réfléchies. Malgré tout, pour pouvoir s’exclamer un jour « Chouette ! Mon compteur tourne à l’envers » certains obstacles de taille restent à lever.

Réglementation révisée, fiscalité adaptée

Les freins au changement de paradigme sont avant tout d’ordre réglementaire et fiscal sans oublier toutefois la dimension organisationnelle et culturelle…

En matière de réglementations le bâtiment et l’énergie subissent l’un et l’autre la lourdeur du millefeuille administratif issu des nombreux codes français, qui souvent se chevauchent. La bonne exécution des projets est soumise à des études d’impact et de danger (inhérentes au code de l’environnement) côté énergie, et à des kyrielles de normes et de labels (inhérentes aux codes de l’urbanisme et du travail) côté bâtiment.

Enclencher la rénovation thermique suppose également des garanties financières et des tiers de confiance (cf. GPEI) dont les périmètres d’intervention ne sont pas encore clairement définis. Dans l’attente d’une hypothétique obligation de rénovation énergétique par le gouvernement, il convient en urgence de simplifier les procédures.

En matière de fiscalité écologique l’enjeu est de financer la transition énergétique en s’engageant activement dans une baisse réelle de nos émissions de gaz à effet de serre par un facteur 4 à 6. Tous les secteurs et toutes les énergies sont concernés, c’est pourquoi un signal prix fort doit être donné pour orienter rapidement les comportements vers des choix énergétiques et d’équipements adaptés. 

En cliquant sur le schéma ci-dessus quelques exemples proposés par La Fondation Nicolas Hulot et Réseau Action Climat démontrent clairement les actions possibles pour faire des économies sur un an en contrepartie d’une fiscalité écologique assumée.

Réflexes organisationnels et culturels

Expérimentés partout en Europe ces outils de transition fonctionnent dès lors qu’ils sont acceptés par les populations. On prend ici la mesure du long terme par lequel les enchaînements nationaux et locaux donnent corps aux règles de gouvernance européenne, souvent par le biais de réformes structurelles, bien difficiles à mener si elles ne sont pas expliquées dès le départ. Il est donc indispensable de connaître les directives européennes par une veille réglementaire rigoureuse car ce sont elles qui tracent les choix nationaux.

Qu’il s’agisse d’énergie renouvelable (Directive 2009/28/CE) de bâtiment (directive 2012/27/UE) de transport (Directive 2009/33/CE) ou encore de déchet à valoriser (Directive 2008/98/CE & Directive décharge 1999/31/CE), n’oublions pas que  l’Europe donne le ton en matière de lois, même si le contrôle de leur application par chaque nation est de plus en plus douteux, comme le soulignait Corinne Lepage au colloque du Monde «La transition écologique peut-elle être démocratique ?».

Hacker* la providence pour un nouvel imaginaire

Sécuriser les biens communs en passant du « Think » au « Do » est la mutation souhaitable pour atteindre l’Horizon 2020 et chaque groupe de pensée y va de ses propositions :

  • Les ingénieurs et énergéticiens travaillent sur l’innovation urbaine par l’intégration des réseaux, leur dimensionnement et la future autoconsommation d’énergie
  • Le parlement des entrepreneurs d’avenir appelle à une nouvelle ingénierie sociale faite d’économie de fonctionnalité centrée sur les usages.
  • Les financiers et les comptables d’un nouveau monde planchent quant à eux sur l’extra-financier éthique et la comptabilité universelle comme prérequis à la monétarisation de l’immatériel.

Parce que la société civile n’a jamais été aussi impliquée dans toute la chaîne de valeur Cynthia Fleury nous invite à «hacker» la providence au service du bien commun. Au 21ème siècle, parions sur un humain agile, responsable, et surtout acteur de sa sobriété énergétique, capable au passage de rééduquer les politiques.

  • Agile, il aiguise son discernement en s’appropriant l’information en open source
  • Responsable, il se forme aux processus  d’une énergie partagée
  • Acteur, il produit désormais sa propre énergie et partage ses équipements à l’instar de certains quartiers pionniers (Bedzed, Vauban)
  • Agitateur, il organise une gouvernance ponctuée d’indicateurs nouveaux ou bien-être et préservation de l’environnement complètent l’équation d’un BIB.
  • Convoyeur, il participe aux décisions locales et communique ses avancées.

Utopie, politique fiction ?

Pas si sûr : les multiples productions des Think-Tank nous démontrent que nous ne sommes qu’à quelques encablures de réalités à venir. Le récent rapport de la Fabrique Ecologique sur la décentralisation énergétique comme nouveau modèle français place par exemple, les territoires et leurs habitants au coeur de la transition énergétique.

Bien qu’une récente étude démontre que les collectivités locales sont loin d’être de féroces « autonomistes », les témoignages de certains élus dépassent toutefois le cadre structurel de la décentralisation en abordant de front le sujet par le prisme systémique de la responsabilité sociétale. Citons le retour d’expérience pratique de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle :

  • ne pas chercher à remplacer une énergie par une autre mais partir des besoins finaux
  • placer la reconquête des biens communs au coeur et non comme variable d’ajustement
  • privilégier l’économie circulaire (pour préserver les ressources) et l’économie de la fonctionnalité (pour favoriser les usages)
  • coproduire les projets par un pouvoir latéral et une posture systémique.

C’est en somme une nouvelle forme de gouvernance adaptative qu’il reste à expérimenter, à la croisée des méthodes d’évaluation et des recherches comportementales. Un positionnement privilégié par Olivier Oullier, Professeur à l’Université d’Aix-Marseille qui par ses recherches en psychologie et neurosciences exhorte les stratèges à s’emparer des nudges comme d’un outil probant au service des transitions.

Se pourrait-il alors que l’expérimentation par le terrain ouvre la voie d’un fabuleux destin ? 

Réponse en 2020 !

*Hacker : verbe dérivé du nom « hacker informatique » : personne qui se délecte de la compréhension approfondie du fonctionnement interne d’un système pour s’en emparer et éventuellement le détourner.