Des hydroliennes de rivière portables en Alberta

Qu’est-ce qu’une hydrolienne portable ?

L’hydrolienne portable est une technologie qui produit de l’électricité à partir de la vitesse du courant d’une rivière, une fois déposée au fond de celle-ci. En général, trois personnes et quelques heures sont nécessaires pour une installation complète.

Ces hydroliennes sont installées par deux personnes (assurées par une troisième depuis la berge) en utilisant un brancard d’installation, sécurisées par un câble puis reliées à des batteries via des câbles électriques. Pesant environ 150 kg, elles ont seulement besoin d’environ 60 cm d’eau pour fonctionner et requièrent une vitesse de courant allant de 1,2 à 3 m/s. Cette technologie peut fournir suffisamment d’électricité (jusqu’à 500 W ou 12 kWh/ jour) pour répondre aux besoins de base en électricité d’une petite maison (éclairage, Wi-Fi, réfrigérateurs, ordinateurs…).

Les hydroliennes d’Idénergie : une solution adaptée dans des zones sans électricité où l’énergie coûte cher

Un nombre élevé d’individus vivent isolés des réseaux d’électricité. Leur nombre total est estimé à plus de 920,000 en Amérique du Nord selon une étude faite par le gouvernement du Canada en 2011 sur l’état des communautés hors-réseau.

L’option la plus souvent utilisée pour répondre à de plus grands besoins énergétiques demeure la génératrice à essence. Celle-ci est fonctionnelle, mais non-efficace. Elle coûte cher à entretenir (jusqu’à 5000$ par an pour un résidant vivant sur le site tout au long de l’année) et contribue à l’émission de gaz à effet de serre.

Au Canada, quelques entreprises ont essayé de développer des turbines qui génèrent de l’électricité à partir du courant d’une rivière. Pourtant, très peu sont parvenues à développer une turbine qui soit efficace à basse vitesse et qui fonctionne dans une rivière de faible profondeur. Conçues à l’origine pour des habitations hors réseau, plusieurs hydroliennes peuvent être connectées ensemble pour répondre à de plus grands besoins énergétiques.

Ces systèmes sont modulaires et peuvent par exemple inclure des panneaux solaires ou se raccorder au réseau électrique (s’il existe) et que le distributeur d’électricité permet le rachat des surplus générés. Pour Pierre Blanchet, Président d’Idénergie, les hydroliennes installées à Parcs Canada représentent un projet innovant qui contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.” – Télécharger le CP du 27 juin 2016

Une i-bibliotek pour l’été : faites le plein de vitamines DD

Cet été, découvrez ou revisitez ma i-bibliotek virtuelle : un concentré de vitamines DD ! 

Issue d’une veille sectorielle régulière sur le web, D’Dline 2020 partage une nouvelle édition de sa i-bibliotek virtuelle. Un rafraîchissant cocktail de publications balayant  les thèmes économiques, sociétaux, environnementaux tout autant que les questions énergétiques liées au bâtiment durable dont voici le mode d’emploi : cliquez sur les icônes pour agrandir, choisissez le lien et téléchargez ! Retrouvez aussi en bas de page ma sélection estivale d’ouvrages DD.


   Eco circulaire                 Innovation                Eco. territoriale                 Rapport Brovelli
        

 


RSE FGBC               Egalité professionnelle      RSE pour PME           Methode Participative

 


 RSE Art 225         Démocratie participative       Intrapreneuriat                  Indicateurs ESG
    

 


Cartographie carbone         NRJ Climate Map          Greenpeace 13           Ademe 2030                         

 


 ISO & NRJ               Efficacité énergétique              NRJ Index                           DNTE
              

 


Journée citoyenne       Sociologie & Bât.                NRJ grise                          SRCAE IDF
     

 


 Plan Bâtiment            4è rapp. Grenelle                    Rapport bailleur             Etanchéité
 

 

 

 


 Bat. performant          Territoires et T.E.                Impacts climat                        Amorce
       

 


 Biodiversité               Carbone & Tertiaire               ANAH                          Eclairage ext 
  

 


  ACV Orée                 Achats fluides                         EnR                              Déchets
      

 


     GPEI                               Habitat & TE                  Métiers DD                                REFEDD
          

  Lectures estivales  : sélection D'Dline 2020

 

                                                       

 

                                                            

 

 ! En exclusivité un ouvrage sur la Biodiversité et l'entreprise !

 

        vous souhaite un très bel été !

Lumière sur la sociologie de l’énergie

En éclaireur, la sociologie de l’énergie embrasse les usages

L’entrée récente de la sociologie sur la scène de l’énergie permet dores et déjà des constats simples: ni le progrès technologique ni la réglementation ne suffiront à modifier les comportements énergétiques.

En revanche, la dimension collective et culturelle, le discernement des jeux d’acteurs sont des facteurs nécessaires à cette profession pour étudier les usages des bâtiments connectés.

Quelles approches possibles pour le sociologue de l’énergie ?

Une journée d’étude lancée par la Chaire éco-innovation à l’Université de Versailles-St Quentin,  présentait récemment le programme « Econoving » qui développe Epit 2.0 et Eco2Charge, deux projets expérimentaux d’étude des comportements associés aux Smart Grids.

Nadjma Ahamada sociologue au CRIGEN (pôle de recherche du groupe GDF SUEZ) confiait à cette occasion sa vision du métier appliqué au domaine des innovations et de l’énergie :

  • l’approche prospective dont l’objectif pour le sociologue est d’anticiper les évolutions
  • l’approche commerciale plus opérationnelle visant à développer les solutions innovantes des prestataires ou industriels impliqués dans le Smart Building.

Sandra Slim-Chrétienne sociologue à la Direction Innovation et Services de Bouygues Telecom présente le sociologue de l’énergie comme un éclaireur sur des sujets méconnus : partant d’une démarche de co-conception ponctuée d’itérations, sa principale mission (quand il l’accepte) est de répondre à l’interrogation économique récurrente : « Quelle création de valeur ? ».

Décrit comme un véritable fournisseur « de morceaux de réalités » à destination des stratèges de l’énergie, Sandrine Slim-Chrétienne convient sans détour que le sociologue subit un tiraillement permanent entre son coeur de métier empreint d’une grande prise de recul, et la nécessité de produire des résultats tangibles à court terme, pour l’entreprise qui l’emploie.

Itérations et retours d’expériences

Classiquement, le sociologue de l’énergie va s’appuyer sur des méthodes empiriques, alimentées par des testeurs volontaires, pour mener à bien ses investigations. Retour sur deux expérimentations :

  • le Smart Metering par lequel Bouygues Telecom allie téléphonie et énergie via son concept Smart Home.
  • l’effacement diffus testé par GDF Suez pour gérer les pics de consommation d’électricité au sein d’un foyer.

Dans le premier cas le dispositif est rapidement négligé par le testeur, une fois les premières économies d’énergie identifiées ; de surcroît on apprend que l’utilisateur n’est pas prêt à financer une mise à disposition d’information sur ses consommations.

Dans le deuxième cas la défiance vis-à-vis du dispositif s’installe rapidement, vécu comme une altération du confort sans contrepartie palpable de la part du gestionnaire.

Force est de constater les limites de la méthodologie classique du sociologue :  les enquêtes ne sont à ce jour réalisées qu’auprès des seuls volontaires ayant fait voeu de résidence neuve et basse consommation.

  • Quid des autres occupants, non volontaires mais tout autant consommateurs d’énergie?
  • Quid du marché de la rénovation ?

D’une approche purement quantitative des mesures des consommations d’énergie, le sociologue Gaëtan Brisepierre propose une analyse plus qualitative de la performance énergétique du bâtiment par l’étude des usages des occupants, dont voici les premiers enseignements :

  • se concentrer sur un bâtiment « in vivo » et non « hors usages » comme la réglementation thermique 2012 l’appréhende
  • combattre les idées reçues et tenir compte des effets rebonds liés aux sur-consommations
  • porter son attention sur l’analyse organisationnelle, les interactions sociales et les adaptations individuelles au sein des immeubles
  • gérer les contradictions et accompagner l’innovation technologique d’une innovation sociale pour une appropriation des nouveaux usages
  • anticiper et coordonner ces aspects dès le début du projet par une gouvernance participative des acteurs associés.

Coup de projecteur sur l’adaptation du sociologue de l’énergie

Du simple recueil des comportements et recommandations associées, la méthodologie du sociologue de l’énergie doit évoluer car la profession n’a d’autre vertu à ce jour, que de se nourrir de ses ambitions et de ses moyens en composant sans cesse avec :

  • une vision utilitariste du métier s’il n’est appréhendé que sous l’angle de l’innovation technologique et du sacro-saint R.O.I.
  • une observation rigoureuse et agrégée des changements sociaux par la responsabilisation progressive des utilisateurs.

Le sociologue s’interroge alors : comment dépasser les réticences courantes vécues au niveau du logement ? Nadjma Ahamada propose d’appréhender le bâtiment comme le cadre d’agencement des contraintes pour bâtir une étude plus large des lieux de matérialisation, sur le plan du territoire.

Changer d’échelle en passant de l’immeuble au territoire et faire en sorte de transformer le « con-sommateur » en « smart-acteur » au service de la performance énergétique, voilà l’une des stratégies d’adaptation pensée par le sociologue pour contourner les limites des enquêtes menées auprès des seuls volontaires.

Les sciences sociales au secours du tout SMART

En appoint, Chantal Derkenne sociologue à l’Ademe rappelle à juste titre la vocation du sociologue qui n’est pas là uniquement pour résoudre des dysfonctionnements techniques mais aussi et surtout pour réinterroger les pratiques (à commencer par les siennes).

L’énergie est aujourd’hui un terreau très favorable à la recherche collaborative même s’il est souvent difficile de traduire les problématiques recevables pour toutes les parties prenantes.

D’une simple relation de prestation le sociologue doit aussi coproduire en composant avec la temporalité et la culture scientifique des acteurs. La mise en lisibilité des résultats reste la pierre angulaire du métier : exprimée plus simplement, l’expertise sociologique s’affirme quand elle réussit le passage du « combien » au « comment ».

Pour convaincre de l’utilité de la sociologie appliquée au domaine de l’énergie, le sociologue n’a aujourd’hui d’autres choix que d’échafauder des stratégies d’adaptation en réinterrogeant ses pratiques. Oublier la rationalité des chiffres et démontrer que faire des économies d’énergie relève aussi du social. Tout est affaire de consensus et de mise en forme des données recueillies.

La compétence collective et organisationnelle est ici plus que jamais sollicitée, face à des formulations d’attentes souvent confuses voire contradictoires de la part des donneurs d’ordre. La neutralité en bandoulière, le sociologue en entreprise se doit impérieusement de construire une relation de confiance mutuelle, souvent très fragile et par retour d’expérience, réversible.

En appui à cette réflexion, un regard croisé des professionnels du bâtiment nous rappelle quelques bonnes pratiques collaboratives au service de l’efficience énergétique du bâtiment. Lors de la 10è convention sur le sujet à la Cité des Sciences, le 1er octobre dernier, Pierre Baux, responsable qualité  chez Sunsquare, dégageait les grands axes du travail en mode projet et transversal :

  • l’empathie au service de la connaissance précise du métier de l’autre
  • la compétence
  • la gestion de projet et des jeux d’acteurs transverses
  • le respect des processus et des méthodes
  • l’approche globale
  • l’intelligence collective

Pour autant, si le sociologue se perçoit lui-même comme le cinéaste d’instants de réalité, une prégnante interrogation demeure : « Comment donner envie aux spectateurs d’aller au cinéma et quels moyens aux acteurs de faire leur cinéma ? »

L’anthropologue Dominique Desjeux rappelle alors avec justesse que le sociologue de l’énergie est avant tout UN sociologue dont la vocation n’est pas d’orienter le débat mais seulement de produire du savoir dont les acteurs doivent s’emparer.

Sociologue certes, mais ni réalisateur ni psychologue…