Festivals eco-responsables : vous prendrez bien un p’tit COFEES ?

Lancement du collectif des festivals eco-responsables & solidaires : le  21 mars 2014 de 10h à 11h aux Dock Des suDs à Marseille

Dès 2006, plusieurs festivals régionaux, conscients de leur responsabilité face aux enjeux environnementaux et désireux d’assurer la durabilité de leur projet artistique, décident d’agir. En 2010, la Région PACA et l’ADEME confient à l’Arcade (Agence régionale des arts du spectacle), au travers de la Plateforme aér, la mission d’accompagner cette dynamique grâce à l’information, la formation, le soutien méthodologique et la mise en réseau. Aujourd’hui, cette volonté de maintenir et faire vivre cette dynamique aboutit à l’envie de réunir ces festivals au sein d’un collectif : le COFEES.

COFEES :  collectif des festivals eco-responsables et solidaires en PACA

Né à l’initiative de la Plateforme aér et d’un groupe de festivals expérimentés en matière d’éco-responsabilité, le COFEES permet de prolonger et de renforcer les actions collectives et de : partager ses connaissances et expériences, mutualiser les moyens, conduire des actions et des expérimentations concrètes, gagner en visibilité et en crédibilité

Qui sont les membres du collectif ?

  • 11 festivals engagés : Festival d’Avignon, Festival d’art Lyrique d’Aix-en-Provence,  Marsatac, Les Plages éléctroniques,  Festival Mimi, Musiks à Manosque, Les  Envies Rhônements, Zik Zac Festival, Festival de Chaillol,  Les joutes musicales, Charlie Jazz Festival.
  • 1 structure coordinatrice et animatrice : la Plateforme  aér.

Comment ça marche ?

  1. Les  festivals signataires de  la charte décident des grandes orientations stratégiques et axes de travail en fonction de leurs besoins.
  2. Les groupes de travail apportent  des solutions opérationnelles grâce à une co-construction avec les parties prenantes.

Une volonté d’intégrer les parties prenantes

Les membres du collectif invitent tout acteur économique impliqué par leurs activités à prendre part aux réflexions et élaborations de solutions, dans le cadre des groupes de travail.

Source de l’articleL’agence Mars – Contact sophie.cariami@agencemars.com

 

Réforme du financement participatif : un cadre plus souple

Annonces du Gouvernement en matière de financement participatif présentées par  CrowdToWin *

La France donne, une fois de plus, une leçon d’innovation, de créativité et de démocratie à l’Union Européenne et au reste du monde. De nouvelles règles de financement participatif dit « CrowdFunding », ont été annoncées ce vendredi 14 février 2014 à Bercy par Fleur PELLERIN, ministre déléguée à l’Economie numérique, une « french touch » au monde entier pour marquer la volonté du gouvernement de s’orienter vers une économie plus humaine.

L’assouplissement du cadre juridique et de nouvelles règles vont permettre  au financement participatif de collecter plus facilement de l’argent. Un travail collectif initié par les professionnels de métier, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution et l’Autorité des Marchés Financiers.

La réforme repose sur trois valeurs fondamentales, qui ont pour ambition d’accélérer la dynamique du financement participatif tout en protégeant les citoyens.

1L’innovation : par la suppression de barrières afin de faciliter la réalisation de nouveaux projets.

2.   La transparence totale envers les internautes :

    • Un système d’information qui permettra de détecter les fraudes et les tentatives de blanchiment qui existent.
    • Des projets bien présentés avec une information claire. Des plateformes devront mentionner explicitement les risques afin de permettre aux citoyens d’évaluer ce qu’ils peuvent perdre.
    • Enfin, pour créer la confiance : la transparence sur les frais pratiqués par les acteurs de crowdfunding sur chaque plateforme.

3  La mobilisation des concitoyens français :

C’est la possibilité offerte à tous de participer à cette dynamique de financement participatif. Tout ceci, sans limitation de patrimoine ou de revenus, ce qui n’est pas le cas à l’international.

Comme c’est le cas en Grande-Bretagne, la France refuse d’appliquer un seuil minimal de patrimoine, pour pouvoir « crowder » (financer humainement pour entreprendre autrement). La France refuse aussi d’imposer des plafonds globaux de crowdfunding comme c’est le cas aux Etats Unis.

Les modèles de financement participatif

Trois modèles de financement participatif émergent : le modèle du don (donation-based & reward-based crowdfunding), le modèle du prêt (debt crowdfunding) et le modèle d’investissement (equitty crowdfunding).

  • Les plates-formes de CrowdFunding qui permettent de récolter des dons ou des contributions (peuvent donner lieu à des contreparties diverses).
  • Les plates-formes de CrowdFunding qui permettent le financement de projet via des prêts.
  • Les plates-formes de CrowdFunding qui permettent le financement en fond propre d’un projet entreprenariat via la souscription de titres.

Les détails techniques et pratiques de la réforme :

  1. Le don et le don avec contrepartie

Ce modèle n’est pas l’objet de cette réforme, il est déjà autorisé sans limitation. Toutefois il y aura une simplification de fait qui diminuera les contraintes : pour les intermédiaires qui manipulent des fonds, qui reçoivent de l’argent, qui avaient jusqu’à présent rencontré des contraintes importantes, le système d’établissement de paiement allégé sera appliqué.

2. L’investissement en fond propre

Le gouvernement français a décidé de placer la France en tête de ce qui se fait en matière d’investissement en fond propre. Il cherche à décrocher la médaille d’or. Après des études réalisées sur ce qui se faisait à l’étranger, le gouvernement français a pour objectif de « faire mieux, plus simple, plus ouvert ».

La réforme prévoit la création d’un nouveau statut de Conseiller en Investissement Participatif (CIP). Ce statut répond à l’attente des nouveaux entrants sur le marché et à l’attente des plateformes qui démarrent. L’avantage de ce statut est qu’il ne demande aucun niveau de fond propre minimal. Précédemment, selon les cas, les besoins pouvaient atteindre 125 000 ou 730 00 euros. C’est donc un vrai frein qui a été supprimé par cette réforme.

Le statut CIP permettra, grâce à un site internet, de commercialiser des actions et obligations pour des sociétés anonymes (SA) mais aussi pour des Sociétés par Actions Simplifiée (SAS) car il faut rappeler que la majorité des start-up démarrent sous forme de SAS. Celles-ci devront disposer de fond propre. Il s’agit d’une vraie avancée car seule la société anonyme (SA) pouvait jusqu’à présent faire un appel public à l’épargne. La réforme est donc un réel coup de pouce pour les start-up. Pour obtenir cet agrément (CIP), plusieurs contraintes seront imposées aux plateformes :

  • disposer de compétences requises et respecter les règles de déontologie
  • proposer une information abondante et de qualité sur les dossiers d’investissement
  • présenter de façon claire les risques qui pourront être encourus

L’élaboration du décret doit faire attention aux diplômes exigés aux dirigeants des plateformes, cela avait posé des problèmes pour l’obtention du statut de conseiller en investissements financiers les (CIF).

Les plateformes devront respecter un principe fondamental de transparence en affichant les frais qu’elles pratiquent. L’autorité du marché financier (AMF) contrôlera le respect de ces règles et ce sera également à eux d’accorder l’agrément CIP.

Enfin, les obligations d’information seront allégées. Par rapport à ce qui était exigé pour l’appel à l’épargne traditionnelle, les crowdfunders n’auront plus besoin de recourir aux prospectus et ce jusqu’au seuil de 1 million euros de levée de fond.

3. Le prêt

En France, dès à présent, cette activité ne relève plus du monopole des banques. Dès l’entrée en vigueur de la réforme, les prêts seront autorisés à destination des particuliers ou d’entreprises à hauteur de 1 million d’euros. Un statut IFP « intermédiaire en financement participatif » devra être procuré par les plateformes de prêt ce qui impliquera des droits mais aussi des obligations.

Afin de permettre à chaque internaute d’évaluer les sommes qu’il est raisonnable de prêter, chaque plateforme devra donner accès à un outil d’aide à la décision. Cet outil prendra en compte la situation et les revenus dans le but de préserver la liberté de chacun tout en évitant les risques de faillite personnelle.

Pour cela, le montant d’investissement pourra être fractionné sur divers projets permettant ainsi la diminution des risques. Un mécanisme de diversification permettra à chaque personne de prêter autant qu’elle le souhaite sur les plateformes de crowfunding.

Label et échéancier 

Afin de distinguer les plateformes de CrowdFunding (Don, prêts ou investissement) qui respectent ce nouveau cadre juridique, un label sera décerné. Avec le logo, ci-contre, les citoyens investisseurs et les internautes pourront identifier rapidement le professionnalisme des plateformes. Pour cela, elles veilleront à afficher leurs numéros d’enregistrement qui permettra à quiconque de vérifier les dires de la plateforme. Ce texte sera intégré à l’ordonnance de simplification prévu courant mars. Dès l’assouplissement de l’ordonnance, les décrets seront signés et publiés pour une entrée en rigueur au 1er juillet 2014.

Source de l’articleCrowdFunding FR, la French Touch du financement participatif
* Le concept CrowdToWin piloté par Malek Drif concerne la partie financement des installations de l’appareil de production des Energies Renouvelables co-produites par les Collectivités Territoriales et les Citoyens. CrowdtoWin travaille aussi sur d’autres projets liés à la performance énergétique des bâtiments.

 

Coup de projecteur sur la programmation architecturale

Au gré de ses rencontres professionnelles D’Dline 2020 propose aux acteurs de la construction durable de présenter leurs métiers et leurs approches innovantes au service des transitions du bâtiment. C’est avec plaisir que je partage l’interview d’Olivier Thaon, programmiste et dirigeant d’entreprise.

Olivier Thaon, architecte lyonnais et créateur de l’agence Florès 

Olivier, qu’est-ce que la programmation architecturale ?
La programmation architecturale est le processus qui permet de passer de la simple idée d’entreprendre un projet architectural, à un cahier des charges destiné à une équipe de maîtrise d’œuvre comprenant un architecte et des bureaux d’étude.

Ce processus permet de cerner le besoin, de vérifier la faisabilité du projet, puis de définir les performances de l’ouvrage, tant du point de vue fonctionnel, technique qu’environnemental. Nous intervenons pour des maîtres d’ouvrages publics et privés portant des projets complexes…

Le plaisir du travail bien fait, en équipe même à distance

Votre société est en pleine croissance : quel est votre secret ?
Je dirais que notre secret, c’est avant tout de faire du bon travail ! C’est à la fois une manière de se faire plaisir, mais aussi d’acquérir des références validées par des enquêtes de satisfaction.

C’est précisément cela qui nous a permis d’étayer rapidement nos dossiers de présentation de la société pour convaincre de nouveaux clients… Et puis il y a l’ambiance, l’équipe… et de ce point de vue, comme nous sommes en télétravail, il est fondamental de favoriser les échanges et les croisements d’expérience : des séminaires, des réunions…

Une démarche HQE exigeante, des pistes d’efficience

Vos pistes d’innovation dans le secteur de la construction durable?
La démarche HQE a profondément modifié notre métier, la conception architecturale et les pratiques. D’après nous, les pistes actuelles résident essentiellement dans des volets encore trop peu exploités à ce jour : biodiversité d’une part et éco matériaux locaux de l’autre… Et puis, il y a l’amélioration énergétique des bâtiments existants : le gisement d’économies est abyssal…

 

Biodiversité, éco matériaux et circuits courts

Quels sont les matériaux et les énergies que vous privilégiez pour vos clients ?
Les éco matériaux locaux ont un potentiel énorme du point de vue de l’énergie grise et des déchets de chantier notamment. Nous y croyons très fort. Pour autant, sauf cas exceptionnel, un programme architectural ne doit pas prescrire  l’usage d’un matériau précis. Il peut toutefois pointer la pertinence de certains choix… Tout réside dans cette nuance.
Pour avoir une réelle influence sur le projet, la programmation architecturale doit être précise, argumentée et claire. Il faut être à l’aise avec les techniques de construction. Nous travaillons actuellement sur la déclinaison d’une approche éco matériaux locaux dans la programmation architecturale. Ce n’est pas immédiat : cela demande une réflexion de fond sur nos outils et nos méthodes. Et aussi des formations. Nous mettons tout cela en place.

 

La réduction des consommations, voie royale mais partielle

Votre regard sur la transition énergétique ?
Nous nous occupons essentiellement de bâtiments. De ce point de vue, nous nous situons en fin de chaine. C’est-à-dire que nous visons la réduction des consommations… C’est essentiel, mais c’est très partiel. Je suis à titre personnel très intéressé par les systèmes de valorisation de l’énergie de la houle et des courants :   turbines, cylindres de type Pelamis… La masse en mouvement des océans est un gisement colossal d’énergie.

 

Olivier Thaon, sa philosophie, son parcours

Les faits marquants qui ont guidé vos choix professionnels ?
Ingénieur et architecte, j’ai travaillé quatre ans dans une ONG en Ukraine en tant que maître d’œuvre et coordinateur, c’est-à-dire animateur de l’action de l’association. J’ai aussi travaillé en collectivité en France avant de passer au secteur privé, dans une société de programmation, en tant que chef de projet et responsable d’agence… Si je devais identifier deux choix structurants, ce serait mon départ en ONG, puis ma décision de créer la société Florès. A chaque fois, ce choix a davantage été la conséquence d’une réflexion que d’un évènement : la volonté d’expérimenter un mode de fonctionnement alternatif, plus humain disons.

 

Un ouvrage de référence source d’inspiration 

J’en citerais deux qui me semblent devoir inspirer les architectures de demain :
♠ Vers la sobriété heureuse de Pierre RABHI
…parce que justement, l’enjeu est de ne pas vivre la nécessaire sobriété comme une contrainte et _ bien que ce soit pour beaucoup une évidence et du simple bon sens _ ce n’est pas une vision si simple à mette en perspective dans le contexte actuel.
♣ Manuel de transition de Rob HOPKINS. 
Ce bouquin met l’initiative locale au cœur des réponses… Comprenez-moi bien, je ne suis pas un idéaliste déconnecté, prônant la fin de l’Etat, mais je suis persuadé que nous avons depuis longtemps, en France, perdu de vue l’idée qu’il était possible d’entreprendre, d’agir à titre individuel et collectif, sans forcément attendre que cela vienne d’une structure officielle, centrale…
Je crois d’ailleurs que c’est précisément la raison de ce mal-être que nous connaissons et qui classe la France comme championne de la sinistrose et de la dépression !!! Mais ça évolue, quand même…

 

Merci Olivier pour cet éclairage sur cette profession d’anticipation, trop peu connue et pourtant indispensable à la bonne réalisation d’un projet architectural 😉