Communication et bâtiment : soignez vos double flux !

Une communication double flux pour accompagner les occupants des bâtiments

Le système de double flux dont il est question ici ne s’occupe pas du renouvellement d’air, mais évoque à la fois la manière de communiquer (« top-down ») et de prendre compte des occupants de bâtiments (« bottum-up »). Nous sommes ici dans le cadre d’un accompagnement humain pour améliorer les performances énergétiques du bâti. Plus qu’une méthode, le double flux est une culture, un état d’esprit pour informer, partager, écouter, co-construire, éveiller les consciences.

Pourquoi le double flux ?

L’impératif écologique a poussé les acteurs de la construction à inventer des systèmes techniques qui permettent de consommer peu d’énergie dans les bâtiments. Et ça marche. Enfin… ça marcherait mieux si on arrivait « à changer les habitudes des occupants », car ces bâtiments imposent un nouveau mode de vie qui ne va pas de soi.

Le système « simple flux », c’est à dire une communication uniquement descendante envers les occupants, n’est pas opérationnel dans ce cadre là, car il suppose[1] :

  • que les enjeux soient compris et partagés ;
  • que l’homme en société soit unique ;
  • qu’il soit informé, rationnel, « éco-friendly » et « participatif ».

On en est loin… Une étude récente de 4 sociologues[2] montre justement que « la mise à disposition de données de consommation réelle n’engendre pas seule et directement des changements de comportement ». Certains bâtiments, de par leurs automatismes, mettent l’occupant à l’écart. La culture du double flux a au contraire pour ambition de l’impliquer, de le responsabiliser, de lui laisser des marges de manœuvre. Car pour changer, l’usager doit en avoir envie, que ce changement soit compatible avec son système de valeur, et avec les normes sociales. Ce n’est qu’ainsi que les performances énergétiques in vivo pourront être obtenues[3].

Le flux ascendant : écoutons 

Pour un bon fonctionnement de ce flux, le maître-mot est l’écoute. Écouter les ressentis, les désirs, les peurs, les croyances, les habitudes, les modes, les perceptions du confort, les conflits relationnels. Ce sont autant d’éléments qui influencent les usages de chaque occupant dans un bâtiment donné. Ils doivent être appréhendés, pris en comptes.

Verbaliser ce qui va et ce qui ne va pas permet une prise de conscience de la part des occupants sur les enjeux et les blocages. C’est d’autant plus vrai pour un groupe : dresser un état des lieux partagé est déjà une étape importante du changement. Sans ce diagnostic de terrain, les actions d’accompagnement risquent fort d’être inadéquates ou mal calibrées.

Le pouvoir du “bottom-up”

Écouter, c’est aussi prendre en compte les avis, les besoins, concéder du poids aux occupants pour les décisions qui les concernent[1]. Cela permet de les impliquer et les rendre plus autonomes dans l’appropriation de leurs espaces. Pour mener des actions, il s’agit d’ouvrir le champ des possibles en faisant appel à la créativité et l’intelligence collective. Une action co-construite est plus longue à germer, mais plus puissante et pérenne dans la mesure où elle a remporté l’adhésion de chacun dès sa conception.

Flux descendant : transparence et reflets

L’accompagnement en double flux privilégie une relation de confiance entre les acteurs, ce qui implique d’être transparent sur ce qui se joue pour l’occupant. Par exemple, si une action de sensibilisation aux éco-gestes est menée sur un bâtiment, il est utile de communiquer sur les vrais objectifs recherchés (baisse des coûts, cohésion de groupe, etc.), informer de l’avancement et des résultats, mêmes s’ils sont décevants. Être un miroir vis à vis d’un groupe (ou d’un individu) est également un principe du double flux. C’est à dire lui renvoyer objectivement ce qui est observable / diagnostiqué : les pratiques, les freins, les problèmes non résolus, mais aussi ce qui marche bien. L’humour est un outil précieux à ce stade pour éviter la culpabilité qui freine l’action. Ce reflet permet à chaque individu de s’identifier au groupe et d’acquérir une conscience collective sur cette thématique, un début de culture commune.

Informer : tout un programme

Si l’information ne peut pas changer les comportements à elle seule, elle est nécessaire pour susciter la curiosité, la réflexion ou donner des informations pratiques. Avant même de parler du contenu du message, intéressons-nous à la tuyauterie, c’est à dire aux canaux de communication :

  • Il convient de s’adresser aux bonnes personnes (par exemple, identifier les leaders d’opinion au sein d’un groupe) ;
  • dans le bon format (les occupants regardent-ils vraiment le tableau d’affichage dans le hall d’entrée ?) ;
  • en étant le bon interlocuteur (favoriser la proximité[2]).

Si un paramètre manque, l’information passe mal, voire ne passe pas. Ensuite, il est nécessaire de déterminer ce que les occupants sont prêts à entendre, ce qui va leur être utile dans leur cheminement. Le changement est modélisable comme un processus passant par plusieurs phases[3]. A chaque phase correspond une communication appropriée. Par exemple, donner une information pratique est utile dans la phase dite de préparation, pas avant. Plus concrètement, communiquer auprès d’un occupant sur sa consommation énergétique sera vain si il ne voit pas l’intérêt de la sobriété. Enfin, la teneur du message doit également être soignée[4] :

  • donner des informations adaptées au contexte et aux modes de compréhension
  • des informations soutenues par la norme sociale
  • axer sur des valeurs positives, des nouveaux modes de vie désirables et expérimentés.

Installer un double flux dans son bâtiment

On a vu l’importance de la posture « en double flux » de l’accompagnement des usages vers une meilleure performance. Ça ne doit surtout pas s’arrêter là ! La communication ouverte sur la thématique de l’usage a du sens durant toute la vie du bâtiment, et permet de pérenniser un usage qui satisfasse tout le monde. En d’autres termes, il est indispensable de soigner les canaux relationnels au sein du bâtiment, au même titre que les circuits aérauliques. Il s’agit d’adopter un fonctionnement qui aborde clairement les rôles de l’exploitant / gestionnaire, la manière dont sont (co-)construits les objectifs énergétiques, les modes de communication sur l’énergie, la gestion des doléances concernant l’usage du bâtiment, le mode d’appropriation des nouveau arrivants, etc.

Régulation et retour aux sources 

Filons la métaphore en suggérant de ne pas oublier la maintenance de son nouveau système. Car les systèmes humains, plus encore que les systèmes techniques, ont besoin d’ajustements en continu pour prendre en compte les changements de pratiques, ainsi que les aléas environnementaux (au sens large) et relationnels. Autrement dit, pour faire fonctionner le double-flux, il faut des personnes qui travaillent à son adaptation.

Le double flux nous permet de fluidifier les relations au sein du bâtiment et de faire converger les énergies vers l’obtention d’un usage dans lequel chaque partie puisse se reconnaître. Ainsi, nous pouvons côtoyer avec plus de sérénité l’objectif premier du bâtiment qui est d’y habiter, tout en impliquant les usagers dans le sens de l’enjeu écologique.

Source de l’article : Vie to B : Assistance à Maîtrise d’Usage

[1] MC Zelem – Comment aller vers une sobriété énergétique ? Octobre 2013 ♠ [2] G. Brisepierre, C. Beslay, T.Vacher, JP. Fouquet : « L’efficacité comportementale du suivi des consommations en matière  d’économie d’énergie dépend des innovations sociales qui l’accompagnent » juillet 2013. Télécharger la synthèse. ♠ [3] G.Brisepierre mai 2013. Télécharger l’étude.
[1] En parlant de gouvernance, la sociocratie (mode de gouvernance par équivalence – en savoir plus) cristallise l’esprit du  double flux grâce « au double lien » entre 2 cercles de décision. ♠ [2] Cf Processus de diffusion des innovations étudié par le sociologue Everett Rogers, expliqué en page 5 de La lettre Nature Humaine 5 ♠ [3] Modèle transthéorique de Prochaska & DiClemente – 82-92, brillamment explicité par la lettre Nature Humaine n°4, ou bien par le dossier ALEC de décembre 2011 « accompagner le changement » ♠ [4] MC Zelem 2013, ibid
 

Renouveler l’air ambiant : une nécessité pour un bâtiment durable

Des solutions pour renouveler l’air ambiant

Allier renouvellement de l’air et confort thermique est un enjeu majeur pour un bâtiment sain dans une logique écologique et durable. Vivre dans un intérieur bien aéré, afin de bénéficier d’un renouvellement en oxygène est essentiel pour éviter l’humidité, les mauvaises odeurs et moisissures qui s’installent généralement dans un milieu renfermé.

Aérer régulièrement pour faire circuler l’air dans les pièces est donc primordial ; il s’agit d’ailleurs d’une obligation. Toutefois, il n’est pas possible de laisser ses fenêtres ouvertes en permanence sans pertes d’énergie et de confort thermique,  surtout en hiver. C’est pourquoi une bonne isolation du bâtiment est aussi nécessaire qu’un renouvellement de l’air permanent et contrôlé.

Afin d’obtenir une isolation optimale le site Fenetre24.com recommande des fenêtres en bois de qualité avec un triple vitrage moderne (systèmes Energeto et Energeto ED) à haute isolation thermique permettant de maintenir la chaleur dans la pièce sans surchauffer l’hiver et de conserver la fraîcheur de l’air ambiant l’été.

La VMC double flux avec échangeur thermique peut également représenter une solution durable qui répondrait à ce besoin. En effet, celle-ci a pour but d’améliorer la qualité de l’air grâce à une ventilation mécanique contrôlée et permet donc de faire des économies de consommation d’énergie conséquentes.

“La ventilation est l’un des cinq usages pris en compte pour parvenir à une consommation d’énergie primaire globale inférieure à 50 kWh/m2/an. Dans des logements devenus plus hermétiques en raison des nouvelles directives, disposer d’équipements pour renouveler l’air et en assurer la qualité s’avère indispensable. Mais il convient de trouver les solutions techniques qui n’engendreront ni déperdition thermique ni surcoût énergétique. Les fabricants ont pris la mesure de ces enjeux et proposent des équipements adaptés.”

La transition énergétique appliquée au bâtiment durable

En quelques mots, la transition énergétique définit le passage des énergies non renouvelables (combustibles fossiles) aux énergies renouvelables naturelles (soleil, vent, eau). Pour pallier aux changements climatiques et à l’épuisement de nos ressources, nous devons nous adapter autrement et reconsidérer nos manières de vivre. Intégrer la transition énergétique pour des bâtiments plus responsables nous permettrait donc de consommer moins d’énergie, d’être plus économe et d’éveiller notre conscience aux problèmes de la planète et son environnement afin de trouver des solutions durables, l’objectif étant de protéger le climat et la santé publique en passant peu à peu à l’usage des énergies renouvelables afin d’assurer notre futur.

Il s’agit ici d’une véritable évolution que certains nomment également « La troisième révolution industrielle ». Rappelons que 2020 est d’ailleurs la date butoir à laquelle tous les nouveaux bâtiments devront être équipés en conséquence pour tendre vers l’autoconsommation énergétique en produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment grâce aux EnR.

C’est quoi un smart building?

 Bâtiments smartgrid compatibles, ce qu’il faut retenir

Répétons-le, avec 43% de la consommation énergétique française, le bâtiment est le premier poste énergivore en France.

Pour atteindre ses objectifs de sobriété à l’horizon 2020, le bâtiment doit désormais être acteur de la transition énergétique en apprenant à analyser son profil pour mieux rationaliser sa consommation.

Bâtiment énergivore cherche coach smart building

Quel pré-requis pour monitorer les habitudes énergétiques d’un bâtiment? Quels indicateurs de performance retenir? Quid du coach? Autant d’interrogations formulées lors de la matinée débat organisée par Construction 21, Gimelec et J3E le 05 octobre dernier à Paris. Autour d’un panel d’experts de la filière éco-électrique quelques secrets du smart building ont été levés.

1- Raisonner usages des occupants : contrairement aux idées reçues le chauffage n’est pas le seul responsable des factures énergétiques salées ; contributeur à hauteur de  35% dans les bureaux et jusqu’à 50% pour la santé et le scolaire, l’éclairage est en bonne place des sur-consommations énergétiques. Rappelons que l’apprentissage des occupants est un des enjeux majeurs de la sobriété énergétique même s’ils sont de mieux en mieux accompagnés par la technologie (leds, détecteurs de présence…).

2- Repenser l’écosystème électrique du bâtiment :

  • en matière de sécurité, il est nécessaire de souligner que les compteurs intelligents posent de nouveaux défis pour la protection des données et la CNIL reste vigilante à ce sujet.
  • en matière d’efficacité, parler le même langage entre opérateurs est incontournable, c’est tout l’enjeu de l’inter-opérabilité. La disponibilité et la sécurité des échanges informatiques passent désormais par une architecture réseau sécurisée, compatible, obligeant à convertir rapidement et en masse les opérateurs smartgrids à l’internet protocol (IP).

3- Appliquer l’équation Production=Consommation puisque l’énergie ne se stocke pas encore. Pour cela on utilise :

  • l’Effacement : il s’agit d’une baisse de puissance du réseau au point de raccordement sur sollicitation externe et suivant une durée déterminée. Il correspond donc à une baisse ponctuelle, autrement dit Demand/Response (DR). Ce mécanisme d’ajustement de la consommation statistique a pour objectif de diminuer le besoin  en capacité de pointe (on raisonne gestion de charges, agrégation des données)
  • La notion de Maîtrise de l’Energie (MDE) elle, s’inscrit dans une baisse durable de la consommation d’énergie, favorisant à terme l’auto consommation (on raisonne sobriété énergétique et confort de l’occupant)

 4- Savoir être flexible pour pouvoir piloter, éléments clés du smart building : plus facile à gérer pour un bâtiment neuf, l’inertie des bâtiments anciens non pourvus de capteurs oblige à refaire une partie de l’installation électrique.

  • Le sésame du “smart grid ready” est donc sa capacité à mesurer le Q.I du bâtiment par l’analyse de l’infrastructure consommatrice, l’identification des potentiels de flexibilité (quelle puissance?) mais surtout des cibles CVC (climatisation, ventilation, chauffage).
  • Installer des capteurs intelligents par usage en faisant appel aux agrégateurs de données qui se chargeront de la valorisation énergétique.
  • Raisonner en termes de locaux et non d’appareillage pour piloter le bâtiment en fonction des besoins des utilisateurs.
5- Communiquer et sensibiliser pour optimiser la performance :
  • Le bâtiment intelligent doit être capable de mesurer mais aussi de retranscire de manière intelligible les données recueillies.
  • Faire comprendre l’équation sociétale du smart building par des indicateurs de performance simples à la portée du plus grand nombre est le préalable à tout changement d’habitude.

En clair, choisir les bons indicateurs et proposer des interfaces compréhensibles par les utilisateurs participera de la pédagogie indispensable au “smart grid compatible”. Veiller à la confidentialité des données et accélérer l’inter opérabilité via les normes européennes ad’hoc, favorisera la maturité du nouvel écosystème névralgique du bâtiment intelligent.

Gardons toutefois à l’esprit que l’énergie coûtera à l’avenir de plus en plus chère : il ne semble donc pas judicieux d’attendre la tarification énergétique pour agir. S’orienter vers un mix énergétique et une énergie décentralisée conduira progressivement le smart building à une dimension plus territoriale, impliquant un pilotage au niveau du quartier, la smart city.

Nul doute qu’utiliser les retours d’expériences (société 2000 watts en Suisse, programme HOMES) permettront également d’affiner les réponses sur la durée.