Rapport sur l’autoconsommation et l’autoproduction de l’électricité renouvelable

Publication le 12 février 2015 par le MEDDE du rapport sur l’autoconsommation et l’autoproduction de l’électricité renouvelable

Définitions

L’autoconsommation peut être définie comme le fait de consommer tout ou partie de l’énergie que l’on produit, et l’autoproduction comme le fait de produire tout ou partie de l’énergie que l’on consomme.

L’autoproduction consiste à produire sur son propre site (maison, entreprise, etc.) tout ou partie de l’électricité que l’on consomme. Cette pratique est destinée à se développer dans un contexte où les coûts de production des installations d’électricité renouvelable diminuent et où les prix de l’électricité augmentent.

Que dit le rapport en synthèse ?

Les réflexions menées dans le cadre du groupe de travail ont permis de dégager des constats et des objectifs généraux, rappelés cidessous, qui peuvent être indifféremment appliqués aux différents secteurs des énergies renouvelables dans lesquels l’autoconsommation / autoproduction pourrait être amenée à se développer. La déclinaison concrète de ces constats et objectifs afin d’en tirer des recommandations, notamment en termes de dispositif de soutien, s’est toutefois focalisée sur le cas du photovoltaïque, au regard de son appétence à moyen terme pour l’autoconsommation / autoproduction. Les recommandations du présent rapport ont donc été élaborées avant tout pour ce secteur.

Il est apparu nécessaire d’opérer une distinction entre la problématique de l’autoconsommation / autoproduction du point de vue de ses conséquences physiques sur le réseau public de distribution, et celle de la « commercialisation de proximité » (possibilité pour un producteur de vendre l’électricité à son voisin immédiat ou plus lointain raccordé sur la même branche du réseau public de distribution) qui relève de relations commerciales, sans être liée spécifiquement aux phénomènes physiques et techniques sous jacents (impact sur les réseaux, adéquation production, consommation, valeur ajoutée du service). Si l’autoconsommation / autoproduction pose évidemment des questions d’ordre juridique, contractuel ou encore régulatoire, ces dernières se devaient d’être examinées dans le cadre du groupe de travail en lien avec la réalité technique sous jacente.

Principales recommandations et dispositifs de soutien 

  • Expérimenter un dispositif de soutien à l’autoconsommation / autoproduction pour les installations du segment tertiaire/industriel de puissance supérieure à 100 kWc dans le cadre d’un appel à projets pour un volume qui permette de bénéficier d’un retour d’expérience suffisant sur chaque segment.
  • Expérimenter, sur un volume limité à définir, un dispositif de soutien à l’autoconsommation / autoproduction pour des installations du segment tertiaire/industriel (au sens large : industrie, agroalimentaire, logistique, agriculture, etc.) de puissance inférieure à 100 kWc reposant sur un système de prime à l’énergie autoconsommée et d’achat de l’énergie en surplus.
  • Mettre en place une expérimentation au niveau des « îlots urbains », dans le cadre d’un appel à projets, visant à identifier les conditions dans lesquelles un modèle d’autoconsommation / autoproduction permet d’optimiser les flux d’électricité à une échelle pertinente tout en réduisant les contraintes d’injection et les puissances de soutirage et en créant de la valeur ajoutée additionnelle pour la collectivité par rapport aux modèles actuels.

  • Soutenir le développement de l’autoconsommation / autoproduction dans les ZNI, dans des conditions contribuant à la maîtrise de la stabilité du système électrique, dans le cadre des appels d’offres prévus par le dispositif de soutien à la filière photovoltaïque et intégrer des dispositifs de maîtrise de la demande d’énergie et de stockage pour les installations de puissance supérieure à 100 kWc.
  • Dans les Zones Non Interconnectées, pour les installations de puissance inférieure à 100 kWc, poursuivre les travauxsur la mise en place d’un mécanisme de soutien à l’autoconsommation / autoproduction associant notamment des mesures de maîtrise de l’énergie et de maîtrise de la stabilité du système électrique.
  • Prévoir un dispositif permettant de répondre aux enjeux spécifiques de l’autoconsommation / autoproduction dans le secteur résidentiel diffus, hors « îlots urbains ». Sur ce segment pour lequel les enjeux économiques et techniques de l’autoconsommation / autoproduction sont limités, le potentiel développement spontané d’offres dont la qualité serait à parfaire ainsi que les enjeux de sécurité liés aux personnes et au réseau électrique incitent à recommander la définition d’une prestation globale standardisée qui ferait référence.
  • Sur le moyen terme, lorsque la « parité réseau » aura été atteinte pour les différents secteurs, des réflexions devront être engagées sur l’opportunité de maintenir ou d’aménager les tarifs d’achat pour ces différentes catégories, en concertation avec les acteurs impliqués.
  • Asseoir le modèle de rémunération complémentaire de l’autoconsommation / autoproduction sur un système permettant de valoriser les kWh autoconsommés et les kWh injectés, prenant en compte les enjeux liés aux contraintes de puissance injectée et permettant de prévenir tout effet « antiMDE » et tout déplacement de consommation indésirable.
  • Porter une attention particulière aux conditions de financement des installations en autoconsommation / autoproduction, compte tenu du contexte de moindre sécurisation des flux financiers rémunérant ce modèle, notamment dans une perspective de déploiement massif de ce dernier en substitution significative du dispositif actuel.
  • A l’issue de la période expérimentale et en fonction des résultats de celle-ci, l’opportunité de substituer ou non au dispositif de soutien actuel un dispositif d’autoconsommation / autoproduction pourra être étudiée, et ce, sur des segments de marché qu’il conviendra de définir et de caractériser. Une attention particulière devra être portée au fait d’éviter toute cohabitation durable de plusieurs dispositifs de soutien.
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l’autoconsommation et l’autoproduction de l’électricité renouvelable

 

 

EurObserv’ER publie un état des énergies renouvelables en Europe

Rapport sur l’état des énergies renouvelables par EurObserv’ER

L’année 2010 a été capitale dans l’évolution du marché des énergies renouvelables en Europe. Diverses mesures ont été prises par les États membres pour mettre en application la directive européenne sur les énergies renouvelables, et les premiers résultats sont aujourd’hui visibles malgré un climat économique difficile. Comme le souligne ce rapport, la production d’énergie renouvelable a connu une croissance de 11,3 % dans l’Union européenne entre 2009 et 2010. Même si des facteurs tels qu’un hiver froid et un niveau élevé de précipitations y ont sans doute contribué, ce chiffre met en évidence l’impact positif des politiques incitatives et des investissements supplémentaires réalisés par les acteurs du marché. Tandis que le secteur des énergies renouvelables affiche des signes de croissance encourageants, on peut constater une précision toujours plus grande des estimations d’EurObserv’ER : selon les données officielles publiées en novembre 2011 par Eurostat, la part des renouvelables dans l’Union européenne en 2009 était de 11,7 % ; l’estimation de ces mêmes données par EurObserv’ER était de 11,6 % dans le rapport publié l’an dernier. Cette bonne approximation confirme la pertinence de la méthodologie d’EurObserv’ER et sa capacité à fournir aux décideurs et acteurs du marché des informations actualisées et fiables sur l’évolution du secteur des renouvelables.

La présente publication offre un aperçu des principales statistiques du marché des énergies renouvelables dans l’Union européenne pour l’année 2010, année pour laquelle les données officielles ne seront disponibles qu’en 2012. La dernière partie met l’accent sur sept régions européennes qui ont attiré un montant particulièrement élevé d’investissements dans le domaine des énergies renouvelables durant l’année passée, et montre comment ces régions ont réussi à crer un climat propice à ces nouveaux investissements.

Cette publication EurObserv’ER a été cofinancée par le programme énergie intelligente pour l’Europe (EIE), qui travaille en collaboration avec les organisations publiques et privées pour promouvoir les énergies renouvelables et lever les obstacles à la croissance de ces marchés. Avec plus de 500 projets et 3 000 bénéficiaires dans 31 pays, le programme EIE contribue à la réalisation des objectifs de l’Union européenne en matière d’énergie renouvelable pour 2020.

Cette publication offre un état des lieux unique à ce jour des progrès accomplis sur chacun des marchés des énergies renouvelables dans l’Union européenne.

Liste des indicateurs étudiés


 

 

 

 

 

Conclusions

L’analyse de ces sept études de cas a permis d’identifier les éléments clés de la politique régionale et notamment la durée pendant laquelle elle s’applique. En d’autres termes, les régions deviennent plus matures au fil du temps en matière de développement des énergies renouvelables, traversant quatre phases successives qui se caractérisent chacune par différents instruments politiques, dont certains peuvent même être appliqués avant que la région n’atteigne la phase en question. En même temps, on observe un processus de fabrication de biens (combustibles, équipements) qui est indépendant de la durée des politiques de soutien de l’investissement.

Télécharger le rapport d’EurObserv’ER sur l’état des énergies renouvelables en Europe